MON ANNIVERSAIRE DE
Am des Amazones.
Sur ce globe, la course humaine Ne dure, hélas! que peu d'instants.
Le postillon qui tous nous mène, Je le connais trop, c'est le Temps. Bis.
En char pompeux aussi bien qu'en charrette, Il nous emporte, à nous faire crier :
Vieux postillon, arrête, arrête, arrête I Buvons ici le vin de Tétrier.
Bis.
Il est sourd, ne fait nulle pause; Sangle tout de son fouet puissant ; Se rit des effrois qu'il nous cause.
Et n'y met fin qu'en nous versant.
DE BÉRAN6ER. 335
Je crains par lui qu^un jour notre pkinète N'aille en éclats croupir dans un bourbier.
Vieux postillon, arrête, arrête, arrête !
Buvons ici le vin de Tétrier.
Les sots et les fous en grand nombre
Nous jettent la pierre en chemin.
Fuyons-les donc ; mais quel encombre !
Ils seront plus nombreux demain.
Sais-je d'ailleurs ce que demain m'apprête?
Podagre ou pair si j'allais m'éveiller!
Vieux postillon, arrête, arrête, arrête!
Buvons ici le vin de l'étrier.
En des jours de mélancolie
On semble au but vouloir courir ;
Mais un rien nous réconcilie
Avec la frayeur de mourir.
C'est une fleur, c'est une chansonnette, C'est un souris qui vient nous égayer.
Vieux postillon, arrête, arrête, arrête!
Buvons ici le vin de l'étrier.