PRÉFACE. XVII
Les intentions les plus pures, le patriotisnie le plus éclairé ne le donnent pas toujours.
Qui n'a vu de hauts personnages quitter un donneur dWis avec une pensée courageuse, et, ïinstant d'après, revenir vers lui, de je ne sais quel lieu de fascination, avec leinbarràs d'un démenti donné aux résolutions les plus sages? Oh ! disent-ils, nous n'y serons plus repris! quelle galère 1 Le plus honteux ajoute: Je voudrais bien vous voir à ma place. Quand un ministi^e dit cela, soyez sûr qu'il na plus la tête à lui. Cependant il en est un, mais un seul, qui sans avoir perdu la tête, a répété souvent ce mot de la meilleure foi du monde ; aussi ne Tadr^essait-il jamais à un ami.
Je n'ai connu qu'un homme dont il ne m'eut pas été possible de m'éloigner, s'il fût arrivé au pouvoir. Avec son imperturbable bon sens, plus il était propre à donner de sages conseils.
xviii PRÉFACE,
plus sa modestie lui faisait rechercher ceux des ^ens dont il avait éprouvé la raison. Les dé* terminatious une fois prises, il les suivait avec fermeté et sans jactance. S'il en avait reçu l'inspiration dun autre ^ ce qui était rare, il n'oubliait point de lui en faire honneur. Cet homme, c était Manuel , à qui la France doit encore un tombeau*
Sous le ministère emmiellé de M. de Martignac, lorsque fatigués d'une lutte si longue contre la légitimité , plusieurs de nos chefs politiques travaillaient à la fameuse fasion, un d'eux s'écria : Sommes-nous heureux que celui-^ là soit mort! C'est un éloge funèbre qui dit tout ce que Manuel vivant n'eût pas fait, à cette époque de promesses hypocrites et de concessions funestes.
Moi, je puis dire ce qu'il aurait fait pendant les Trois-Joumées. La rue d'Artois, l'HôteWe-