PRÉFACE. XIX
Ville et les barricades.raaraient vu tour-à-tjour, délibérant ici, se battant là ; mais les barricades d'abord, car son courage de vieux soldat s'y ftit trouvé plus à Taise au milieu de tout le brave peuple de Paris. Oui, il eût travaillé au berceau de notre révolution. Certes, on n eût pas eu à dire de lui ce qu'on a répété de plusieurs, qu'ils sont comme des greffiers de mairie qui se voiraient les. pères des enifants dont ils li'oyit que dressé l'acte de naissance.
Il est vraisemblable que Manuel eût été forcé d'accepter une part aux affaires dti • nou¥eau gouvernement Je l'aurais suivi, les yeux fermés, par tous les chemins qu'il lui eût fallu prendre pour revenir bientôt sans doute au modeslB asile que nous partagions. Patriote avant tout, il fût rentré dans la vie privée s<ins humeur, sans arrière^pensées ; à l'hjeure quil est, de l'opposition probablement encore, mais
otx PRÉFACE,
■sans Baine de personnes, car la force donne de l'indulgence, mais sans désespérer du pays, parcequ'il avait foi dans le peuple.
Le bonheur de la France le préoccupait sans cesse ; eût-il vu accomplir ce bonheur par d'autres que lui, sa joie n'en eût pas été moins grande. Je n'ai jamais rencontré d'homme moins ambitieux, même de célébrité. La simplicité de ses mœurs lui foisait chérir la vie des champs. Dès qu'il eût été sûr que la France n'avait plus besoin de lui , je l'entends s'écrier : Allons vivre à la campagne.
Ses amis politiques ne l'ont pas toujours bien apprécié; mais survenait-il quelque embarras, quelque danger, tous s'empressaient de recourir à sa raison impëlturbable, à son inébranlable courage. Son talent ressemblait à leur amitié. C'est dans les moments de crise qu'il en avait toute la plénitude, et que bien des