‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger: Éd. unique rev. par l'auteur, ornée deChapitre 31 sur 105 · LA BACCHANTE · texte numérisé non relu

LA BACCHANTE

Air : Fournissez un canal au ruisseau.

Cher amant , je cède à tes désirs:

De Champagne enivre Julie.

Inventons, s'il se peut, des plaisirs; Des Amours épuisons la folie.

Verse-moi ce joyeux poison;

Mais sur-tout bois à ta maîtresse:

Je rougirais de mou ivresse ,

Si tu conservais ta raison.

Vois déj a briller dans mes regards '

Tout le feu dont mon sang bouillonne.

Sur ton lit , de mes cheveux épars , Fleur à fleur vois tomber ma couronne.

Le cristal vient de se briser :

Dieux ! baise ma gorge brûlante,

Et taris Técume enivrante Dont tu te plais à larroser.

Verse encor ! mais pourquoi ces atours

Entre tes baisers et mes charmes?

Romps ces nœùds^oui, rômps-Ies pour toujours: Ma pudeur ne connaît plus d'alarmes.

Presse en tes bras mes charmes nus.

Ah! je sens redoubler mon être!

A lardeur qu'en moi tu fais naître

Ton ardeur ne suffira plus.

Dans mes bras tombe enfin à ton tour ;

Mais, hélas! tes baisers languissent.

Ne bois plus , et garde à mon amour Ce nectar où tes feux s amortissent,

De mes désirs mal apaisés , .

Ingrat , si tu pouvais te plaindre ,

J'aurai du moins pour les éteindre

Le vin où je les ai puisés.

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