‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger: Éd. unique rev. par l'auteur, ornée deChapitre 91 sur 105 · JEANNETTE · texte numérisé non relu

JEANNETTE

AiR:

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Jeune, gentille, et bien faite, Elle est fraîche et rondelette ; Son œil noir est pétillant.

Prudes, vous dites sans cesse Qu elle a le sein trop saillant :

C'est pour ma main qui le presse Un défaut bien attrayant.

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueules du grand ton !

262 CHANSONS DE BÉRANGflR.

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Tout son charme est dans ia grâce ;

Jamais rien ne l'embarrasse :

Elle est bonne, et toujours rit.

Elle dit mainte sottise,

A parler jamais n apprit ;

Et cependant;, quoi qu oq dise ,

Ma Jeannette a de lesprit.

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueuLeç du grapid ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeani^eton.

 tdiAe dans une fête , Cette espiègle me tient tête Pour les propos lijbertii:^.

EUe a la voix juste et pure , Sait les plus joyeux refrains.

Quand je Vea prie , elle jure ;

CHANSONS DE BÉRÂN6E». 263

Elle boit de tous les vins.

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.

Belle d amour et de joie^ Jamais d'une riche soie Son corsage n'est paré.

Sous une toile proprette Son triomphe est assuré ; Et, sans nuire à sa toilette , Je la chiffonne à mon gré.

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.

La nuit tout me favorise ; Point de voile qui me nuise.

264 CHANSONS DE BÉRANGEB

Point d'inutiles soupirs.

Des deux mains et de la bouche

Elle attise les désirs,

Et rompit vingt fois sa couche

Dans Tardeur de nos plaisirs.

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

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