‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 108 sur 166 · MONSIEUR JUDAS · texte numérisé non relu

MONSIEUR JUDAS

AiB : J'ons un curé palriole.

Monsieur Judas est un drôle Qui soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle, Et n'a pris qu'une couleur.

Nous, qui détestons les gens Tantôt rouges, tantôt blancs, Parlons bas, Parlons bas :

Ici près j'ai vu Judas, J'ai vu Judas, j'ai vu Judas.

Curieux et nouvelliste, Cet observateur moral Parfois se dit journaliste.

Et tranche du libéral.

Mais voulons-nous réclamer Le droit de tout imprimer,

Parlons bas,

Parlons bas :

Ici près j'ai vu Judas, J'ai vu Judas, j'ai vu Judas.

Sans respect du caractère.

Souvent ce lâche effronté

Porlo l'habit iiiililaire Avec la croix au côté.

Nous qui faisons volontiers L'éloge de nos guerriers,

Parlons bas,

Parlons bas :

Ici près j'ai vu Judas, J'ai vu Judas, j'ai vu Judas.

Enfin sa bouche flétrie Ose prendre un noble accent, Et des maux de la patrie Ne parle qu'en gémissant.

Nous qui faisons le procès A tous les mauvais Francjais,

Parlons bas,

Parlons bas :

Ici près j'ai vu Judas, J'ai \u Judas, j'ai vu Judas.

Monsieur Judas, sans malice, Tout haut vous dit : « Mes amis, (( Les limiers de la police c( Sont à craindre en ce pays. )) Mais nous (jui de maints brocai'ds Poursuivons jusqu'aux mouchards,

Parlons bas,

Parlons bas :

Ici près j'ai vu Judas, J'ai vu Judas, j'ai vu Judas.

DE BKRANGER.

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