‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 128 sur 166 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

Air : AJi ! que de chaf/rins clans la vie'

Combien la nature est féconde

En plaisirs ainsi qu'en douleurs!

De noirs fléaux couvrent le monde

De débris, de sang et de pleurs. (Bis.)

Mais à ses pieds la beauté nous attire;

Mais des raisins le nectar est foulé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire; Et l'univers est consolé.

Chaque pays eut son déluge;

Hélas ! peut-être jour et nuit

Une arche est encor le refuge

De mortels que l'onde poursuit.

Sitôt qu'Iris brille sur leur navire Et que vers eux la colombe a volé^ Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

En

Quel autre champ de funérailles !

L'Etna s'agite, et, furieux,

Semble, du fond de ses entrailles,

Vomir l'enfer contre les cieux.

Mais pour renaître enfin sa rage expire ; II se rassoit sur le monde ébranlé. .

(Voulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Dieu! que de souffrances nouvelles !

L'affreux vautour de l'Orient,

La peste, a déployé ses ailes

Sur l'homme, qui tombe en fuyant, Le ciel s'apaise, et la pitié respire : On tend la main au malade exilé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Mars enfin comble nos misères :

Des rois nous payons les défis.

Humide encor du sang des pères,

La terre boit le sang des fils.

Mais l'homme aussi se lasse de détruire, Et la nature à son cœur a parlé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Ah! loin d'accuser la nature, Du printemps chantons le retour; Des roses de sa chevelure Parfumons la joie et l'amour. [Bis.)

Mt^lgré riiorreur que l'esclavage inspire, Sur les débris d'un empire écroulé, Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire; Et l'univers est consolé.

Bis

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