‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 142 sur 166 · MA LAMPE · texte numérisé non relu

MA LAMPE

ADRESSKE A MADAME DUFRRSNOY

Ail! :

Veille encore, ô lampe fidèle Que trop peu d'huile vient nourrir!

Sur les accents d'une immortelle Laisse mes regards s'attendrir.

De l'amour, que sa lyre implore, Tu le sais, j'ai subi la loi.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Son livre est plein d'un doux mystère, Plein d'un bonheur de peu d'instants; Il rend à mon lit solitaire Tous les songes de mon printemps.

Les dieux qu'au bel âge on adore Voudraient-ils revoler vers moi?

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers du Dufresnoy.

Si, comme Sapho, qu'elle égale, Elle eût, en proie à deux penchants, Des Amours ardente rivale.

Aux Grâces consacre ses chants, Parny, près d'une Eléonore, Ne l'aurait pu voir sans effroi.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Combien a pleuré sur nos armes Son noble cœur de gloire épris !

De n'être pour rien dans ses larmes L'Amour alors parut surpris.

Jamais au pays qu'elle honore Sa lyre n'a manqué de foi.

Veille, ma lampe, veille encore • Je lis les vers de DufresnoY*

Alix cliants du iNord on l'ait lioinnia^c Des lauriers du Pinde avilis; Mais de leur gloire sois l'image, Toi, ma lampe, toi qui pâlis.

A ton déclin je vois l'aurore Triompher de l'ombre et de toi ; Tu meurs, et je relis encore Les vers charmants de Dufresnoy.

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