‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 146 sur 166 · LA MORT DU ROI CHRISTOPHE · texte numérisé non relu

LA MORT DU ROI CHRISTOPHE

ou

NOTE PP.ÉSENTÉE PAR l.A NOBLESSE D'ÏIAÏI

A 1 \ TROIS r. P, A JV 1» S A T. 1, 1 K S

DKCEMimF^] i.S2(l Aiu : La Catacoua.

Christophe est mort, et du royaume La noblesse a recours à vous.

François, Alexandre, Guillaume, Prenez aussi pitié de nous.

Ce n'est point pays limitrophe ; Mais le mal fait tant de progrès!

Vite un congrès * !

Deux, trois congrès !

Quatre congrès!

Cinq congrès! dix congrès!

Princes, vengez ce bon Chrislojdie, lU)i digne de tous vos l'egrets.

* On i^ait combien de con^irès avaient déjà été tenus par les souverain^ et leurs ministres.

DE BÉIUNGKH. 355

11 tombe après avoii' fait rage Contre les peuples maladroits, Qui, du troue écarta ut l'orage, Pour l'alTermir bornent ses droits.

A réfuter maint philosophe Ses canons étaient toujours |)rèts.

Vite un congrès !

Deux, trois congrès !

Quatre congrès !

Cinq congrès ! dix cougrès!

Princes, vengez ce bon Christophe, Hoi digne de tous vos regrets.

Malgré la trinité royale,

Malgré la sainte Trinité * ,

Notre nation déloyale

A proclamé sa liberté;

Pour l'Esprit-Saint quelle apostrophe,

Lui qui dicte tous vos décrets !

Vite un congrès !

Deux, trois congrès!

Quatre congrès î Cinq congrès ! dix congrès î Princes, vengez ce bon Christophe, Roi digne de tous vos regrets.

Avec respect traitez l'Espagne :

Votre maître y perdit ses pas.

l);iiis les actes de la Sainte-Alliance, présidée par le mystique Alexan» dre, la Trinité et le Saint-Esprit étaient toujours invoqués.

Naple est un pays de Cocagne, Mais des volcans n'approchez pas*.

Vous taillerez en pleine étoffe; Venez chez nous par un vent frais.

Vite un congrès !

Deux, trois congrès !

Quatre congrès !

Cinq congrès ! dix congrès !

Princas, vengez ce bon Christophe, Roi digne de tous vos regrets.

Dons Quichottes de rarbiiraire, Allons, morbleu, de la valeur!

Ce monarque était votre frère :

Les rois sont de même couleur.

Exploiter ime catastrophe S'accorde avec vos plans secrets.

Vite un congrès!

Deux, trois congrès!

Quatre congrès!

Cinq congrès! dix congrès!

f/rinces, vengez ce bon Christophe, lioi digne de tous vos regrets.

L'Esj>agiic et Nazies étaient alors eu révolution.

DE RERÂNGER,

LA FOHTUNK

Pan Pan Pan Pan

pan pan pan pan

A m de la SaOolière-

esl-ce ma brune, qui frappe en bas?

c'est la Fortune :

je n'ouvre pas.

Tous mes amis, le verre en main.

De joie enivrent ma chambrette.

Nous n'attendons plus que Lisette :

Fortune, passe ton chemin.

Pan! pan! est-ce ma brune, Pan! pan! qui frappe en bas?

Pan! pan! c'est la Fortune :

Pan! pan! je n'ouvre pas.

Si l'on en croit ce qu'elle dit.

Son or chez nous ferait merveilles.

Mais nous avons là vingt bouteilles.

Et le traiteur nous fait crédit.

Pan! pan! est-ce ma brune,

Pan Pan Pan

pan ! qui frappe en bas ?

pan! c'est la Fortune :

pan ! je n'ouvre pas.

:i58 CHANSONS

Elle offre perles et rubis, Manteaux d'une richesse extrême.

Eh ! que nous fait la poui'pre même Nous venons d'ôter nos habits.

Pan! pan! est-ce ma brune.

Pan! pan! (|ui frappe <m bas?

Pan! pan! c'est la Fortune :

Pan! pan! je n'ouvre pas.

Elle nous traite en écoliei's, Parle de gloire et de génie.

Hélas î grâce à la calomnie, Nous ne croyons plus aux lauriers.

Pan! pan! est-ce ma brune, Pan! pan ! qui frappe en bas?

Pan! pan! c'est la Fortune :

Pan! pan! je n'ouvre pas.

Loin des |)laisirs, point ne vouk)ns Aux cieux être lancés par elle ; Sans môme essayer la nacelle, Nous voyons s'enfler ses ballons.

i^an ! pan! est-ce ma brune, Pan ! pan ! qui frappe en bas ?

Pan ! pan ! c'est la Fortune :

Pan ! pan ! je n'ouvre pas.

Mais tous nos voisins attroupés Implorent ses faveurs trailresses :

'^um 'M

PciTolin l:,(lil(nir

DE BÉKÂNGET.. " 5r)9

Alî! chers amis, ])ar nos maîtresses Nous serons plus gaiement trompés.

Pan! pan ! est-ce ma brnne^ Pan ! pan ! ([ui frappe en bas?

Pan ! pan ! c'est la Fortune :

Pan ! pan ! je n'ouvre pas.

LOUIS y\l

Aiu : Sans un p'tlt brin d amour ; 011 : Air nouveau de M. Amkdke dk Beamplan.

Heureux villageois, dansons :

Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons.

Musettes Et chansons î

Notre vieux roi, caché dans ces tourelles, Louis *, dont nous parlons tout bas,

Veut essayer, au temps des fleurs nouvelles. S'il peni sourire à nos ébats.

* On sait que co roi, retiré au Pless!s-le/.-Tours avec Tristan, confident et exécuteur de ses cruautés, voulait voir quelquefois les paysans danser devant les fenêtres de son château.

Heureux villageois, dansons :

Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons,

Musettes Et chansons î

Quand sur nos bords on rit, on chante, on aime,

Louis se retient prisonnier :

Il craint les grands, et le peuple, et Dieu même ;

Surtout il craint son héritier.

Heureux villageois, dansons :

Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons !

Voyez d'ici briller cent hallebardes

Aux feux d'un soleil pur et doux.

N'entend-on pas le Qui vive des gardes,

Qui se mêle au bruit des verrous?

Heureux villageois, dansons :

Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons !

1)K DERAiNGEH. 301

11 vieilli il vient! Ah! du plus liiiiiible eliaume

Ce roi peut envier la paix.

Le voyez-vous, comme un pâle fantôme^

A travers ces barreaux épais?

Heureux villageois^ dansons :

Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons.

Musettes Et chansons 1

Dans nos hameaux quelle image brillante

Nous nous faisions d'un souverain!

Quoi! pour le sceptre une main défaillante!

Pour la couronne un front chagrin!

Heureux villageois, dansons:

Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons!

Malgré nos chanls, il se trouble, il frissonne:

L'horloge a causé son effroi.

Ainsi toujours il prend l'heure qui sonne

Pour un signal de son beffroi.

Heureux villageois, dansons:

Sautez, fillettes

Et garçons !

Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons!

Mais notre joie, hélas ! le désespère ;

Il fuit avec son favori.

Craignons sa haine, et disons qu'en bon père

A ses enfants il a souri .

Heureux villageois, dansons:

Sautez, fillettes Et garçons!

Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons !

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