SUR SON LICENCIEMENT PAR CHARLES X
Aiu : Halte-là I
Pour tout Paris quel outrage I Amis, nous v'ià licenciés.
Est-ce parc' que not' courage Brilla contre leurs alliés? (Bis.)
C'est quelqu' noir projet qui perce.
Morbleu ! pour uous prêter s'cours, Il faut qu' chacun d' nous s'exerce.
Du niêni' pied partons ioujours.
N' cessons pas, Chers amis, d' marcher au pas.
Moitié d' la garde nationale S' composait d'anciens soldats; Des braves d' la gard' royale Aussi faisions-nous grand cas.
Sans y jninistère, nul doute Qu'on eût pu nous voir quelqu' jour, Dans not' verre eux hoir' la goutte, Nous, marcher à leur tambour.
N' cessons pas, Chers amis, d' marcher au pas.
Nos voix ont paru sinistres.
D' nouveau pourtant il faudra Crier à bas les ministres, Les jésiiit' et ca3tera.
Pour son argent j' crois qu' la foule A bien 1' droit d' former un vœu ; N'est-c' que quand la maison croule Qu'on permet d' crier au feu?
N' cessons pas, Chers amis, d' marcher au pas.
Au lieu d' mouler à la Chambre, Nous aurions bien dû, je l' sens,
DE DÉRANGER. f,85
Des injur s de plus d'un membre D'mander raison aux trois cents.
La Charte, qu'on y tiraille, Est leur rempart; mais, au fond, On peut franchir c'te muraille Par les brèches qu'ils y font.
K cessons pas.
Chers amis, d' marcher au pas.
Au château faire 1' service Sans cartouch' pour se garder; En voir donner à chaqu' Suisse, En arrièr' ça fait r garder.
Oui rétrograde se blouse :
Gens d' la cour, sauf vot' respect.
Vous risquez quatre-vingt-douze Pour ravoir quatre-vingt-sept.
N' cessons pas. Chers amis, d' marcher au pas.
Puisque Montroug' nous menace.
Et rêv' quelqu' Saint-Barthél'my, Préparons-nous, quoi qu'on fasse, A repousser l'ennemi. (Bis,) Quand vers un' perte certaine L' navire est conduit foH'ment, En dépit du capitaine Faut sauver le bâtiment.
N' cessons pas.
Chers amis, d' marcher au pas.
NOliVEI. ORDKE DU JOIlli
1823* Am : C'est Vamour, l'amour, Vamour.
Brnv' soldats, v'ià Ford' du joisr :
Point d' yictoire Où n'y a point d' gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ord' dn jonr :
Garde à vons, demi-tour î
- — Notre ancien, qu'a donc fait l'Espagne ? — Mon p'tit, eir n' veut plus qu'aujourd'hui Ferdinand fass' périr au bagne Cenx-là qui s' sont battus pour lui.
Nous allons tirer d' peine
Des moin's blancs, noirs et roux,
Dont on prendra d' la graine
Pour en r'planter chez nous.
Brav' soldais, v'ià l'ord' du jour : Point d' victoire Où n'y a point d' gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ordr' du jour :
Garde à vous, demi-tour î
Cette chanson fut faite pour être répandue dans l'armée avant soi entrée en campagne, lorsqu'elle campait aux Pyrénées.
DE BÉliANGER. 587
— Notre ancien, qu' ])ensez-vous d' la guerre?
— Mon p'tit, ça n'ira jamais bien !
V'ià z'un princ' qui n' s'y connaît guère : C'est un' poir' moll' de bon chrétien.
Bientôt 1' fils d'Henri Quatre
Voudra qu'un jour d'action
On n' puisse aller combattre
Sans billet d' confession.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du jour :
Point d' victoire Où n'y a point d' gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du jour :
Garde à vous' demi-tour!*
— Notre ancien, qu'es' qu' c'est que TTrappiste Avec tous ces Chouans dégu'nillés?
— Mon p'tit, y vont grossir la liste Des gens qu' la France a r'habillés.
Afin qu' pour leur vengeance Leurs frèr's soient massacrés, Ils font un' sainte alliance Avec nos émigrés.
Brav' soldats, v'ià Tord' du jour : Point d' victoire Où n'y a point d' gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du jour :
Garde à vous 1 demi-tour î
— Notre ancien, quel s'ra not' partage?
— Mon p'tit, les coups d' cann' reviendront;
Et puis, suivant le vieil usage, Les nobles seuls avanceront.
Oui, s Ion not' origine,
Nous aurons pour régal.
Nous, r bâton de discipline.
Eux, r bâton de maréclial.
Brav' soldais, v'ià Tord' du jour :
Point d' victoire Où n'y a point de gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du jour :
Garde à vous! demi-tour!
— Notre ancien, que deviendra la France, Si je cherchons d' lointains dangers?
— Mon p'tit, profitant d' not' absence,
On introduira 1' z' étrangers. '
A la fin d' la campagne.
Nous s'rons tout étonnés Qu'en enchaînant l'Espagne Nous nous s'rons enchaînés.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du joui' :
Point d' victoire Où n'y a point d' gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du jour : Garde à vous! demi-tour!
— Notre ancien, vous que 1' père aux autres Eût fait z'officier d'puis longtemps.
Marquez-nous 1' pas, nous s'rons des vôtres.
— Mon |>'tit, v'ià du français qu' j'entends.
Si la France en alarmes Forte un trop lourd fardeau, Pour essuyer ses larmes, R'prenons not' vieux drapeau î
Brav' soldats, v là Tord' du jour :
Point d' victoire Où n'y a point d' gloire.
Brav' soldats, v'ià l'ord' du jour :
Garde à vous ! demi-tour !
DE PROFCNDIS