LES ECHOS
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On pèche au ciel, et c'est un l'ait notoire Que les échos sont tous des esprits purs, Pour leurs péchés tombés en purgatoire, Dans nos vallons, daus nos bois, dans nos murs, TanI qu'ici-bas dure leur pénitence, Tout cri, tont mot, est répété par eux. (Test leur supplice, il est cruel en France. Les échos soni trop malheui'ei]\,
Plusienrs d'entre eux, délivrés de nos lan^'(S, Pauvres forçats par d'autres remplacés.
Rentrés au ciel, à leurs frères les anges Parlaient ainsi de leurs tourments passés : Dans ses salons, ses cafés, ses écoles, Pour nous Paris est suri jut bien affreux : A tous les vents il y pleut des paroles. Les échos sont trop malheureux.
Ij'un d'eux ajoute : A l'Institut, mes frères, .feus pour prison des murs retentissants. Doctes concours, spectacles littéraires.
M'enflaient sans fin de mots vides de sens.
DE BÉRANGEn. 403
lléglanl science, arl, vers, morale, liisluirc, Là, (jiie (le nains au cerveau plat el creux Prenaient nia voix pour trompelte de gloire! Les échos sont trop malheureux.
Moi, dit l'écho du Palais de Justice, J'eus part forcée à d'ahsurdes arrêts.
Des becs retors et martyr et complice, Que de clients j'ai ruinés en frais!
Des gens du roi j'allongeais l'éloquence. Plus d'un haut ranii ils étaient désireux, Plus leur faconde effrayait Pinnocence.
Les échos sont trop malheureux.
Un autre dit : Dans une basilique, Près de la chaire, hélas! je fus logé. Des sermonneurs ferai-je la critique Et de la foi de messieurs du clergé?
Tous en bâillant de Dieu chantaient la gloire, fous sur l'enfer brodaient pour les peureux; Et l'orgue seul au Très-Haut semblait croire." Les échos sont trop malheureux.
Palais-Bourbon^ j'ai subi tes séances!
S'écrie enfin de tous le plus puni; De la tribune^ écueil des consciences, Un Manuel serait encor banni.
Paixl disait-on, (|uand venait me surprendre^ Dans cent discours, quelque mot généreux ; Echo, paix donc! les rois vont nous entendre; Les échos sont trop malheureux,
U)ï CHANSONS
A bas la loi qui de nous, pauvres auges, Fait les échos d'un peuple de bavards ! riameni en cliœur les célestes phalange"-. 1/art de parler est le plus sot des ai'ts. Nos remplaçants, déjà las du niartyi'e, Se croient en butte aux esprits ténébreux; Tous ont crié: De l'enfer Dieu nous tireî Les échos sont trop nialbein'eux.
L'OUPHÉON