‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 32 sur 166 · OTT · texte numérisé non relu

OTT

CE OIIE SERONT NOS ENEANTS

I 8 ! A Ain . .[lle:-'Vous-en. f/ens de la noce.

Je le dis sans blesser personne.

Notre âge n'est point l'âge d'or; Mais nos fds, qu'on me le pardonner.

Vaudront bien moins que nous encoi*.

Poiu' peupler la machine ronde.

DE BEKANGEH.

Qu'on est fou de mettre du sien !

Ah! pour un rien,

Oui, pour un rien, Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

En joyeux gourmands que nous sonnnes, Nous savons chanter un repas ; Mais nos fils, pesants gastronomes.

Boiront et ne chanteront pas.

D'un sot à face rubiconde Ils feront un épicurien.

Ah! pour un rien,

Oui, pour un rien.

Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien .

Grâce aux beaux esprits de notre âge.

L'ennui nous gagne assez souvent; Mais deux Instituts, je le gage.

Lutteront dans l'âge suivant.

De se recruter à la ronde Tous deux trouveront le moyen.

Ah! pour un rien.

Oui, pour un rien, Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

Nous aimons bien un peu la guerre, Mais sans redouter le repos.

Nos fils, ne se reposant gnère, Batailleronl à tout propos.

Seul prix d'une ardeur furibonde, Un laurier sera tout leur bien.

Ah! pour un rien,

Oui, pour un rien.

Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

Nous sommes peu i^alants sans doute ; Mais nos fils, d'excès en excès, Egarant l'Amour sur sa route, Ne lui parleront plus français.

Ils traduiront, Dieu les confonde !

VArt d'aimer en italien.

Ah! pour un rien,

Oui, pour un rien, Nous laisserions linir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

Ainsi, malgré tous nos sophistes,

Chez nos descendants on aura

Pour grands hommes des journalistes.

Pour amusement fOpéra.

Pas une vierge pudibonde.

Pas même un aimable vaurien.

Ah! pour un rien,

Ouij pour un rien.

Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes le voulaient bien.

DK BERANGEr,. 57

De Heurs, amis, ceignant nos têtes, Vainement nous formons des vœux Pour que notre culte et nos fêtes Soient en honneur chez nos neveux.

Ce chapitre que Momus fonde Chez eux manquera de doyen.

Ah! poiu' un rien,

Oui, pour un rien, Nous laisserions finir le monde, Si nos femmes \e voulaient hien.

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