‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 33 sur 166 · LE VIEUX CÉLIBATAIRE · texte numérisé non relu

LE VIEUX CÉLIBATAIRE

An! : ilontentonR-nniin d'une simple bouteille.

Allons, Babet, il est bientôt dix heures : Pour un goutteux c'est l'instant du repos. Depuis un an qu'avec moi tu demeures, Jamais, je crois, je ne fus si dispos, A mon coucher ton aimable présence Pour ton bonheur ne sera pas sans fruit. Allons, Babet, un peu de complaisance:

Un hnit de poule et mon bonnet de nuit.

Petite bonne agaçante et jolie

D'un vieux garçon doit être le soutien.

Jadis ton maître a fait mainte folie

Pour des minois uioins friands que le tien

r>8 CHANSONS

Je veux demain, bravant la médisance, Au Cadran bleu te régaler sans bruit.

Allons, Babet, un peu de complaisance : Un lail de poule et mon bonnet de nu il.

xN' expose plus à des travaux pénibles Cette main douce et ce teint des plus frais ; Auprès de moi coule des jours paisibles; Que mille atours relèvent tes attraits.

L'Amour par eux m'a rendu sa puissance : Ne vois-tu pas son flambeau qui me lu il ? Allons, Babet, un peu de complaisance : Un lait de poule et mon bonnet de nuit.

A mes désirs, quoi! Babet se refuse!

Mademoiselle, auriez-vous im amant?

De mon neveu le jockey vous amuse; Mais songez-y : je fais mon testament.

Docile enfin, livre sans résistance A mes baisers ce sein qui m'a séduil.

Allons, Babet, un peu de complaisance : Un lait de poule et mon bonnet de nuit.

Ah ! tu te rends, tu cèdes à ma flamme ! Mais la nature, hélas! trahit mon cœur. Ne pleure point; va, tu seras ma femme, Malgré mon âge et le public moqueur.

Fais donc si bien, que ta douce influence Rende à mes sens la chaleur qui me fuit. Allons, Babet, un peu de complaisance : Un lait de poule et mon bonnet de nuit.

DE BERANGElt. 59

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