‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 38 sur 166 · LA DOUBLE IVRESSE · texte numérisé non relu

LA DOUBLE IVRESSE

Am : Que ne siiis-je la fougère!

Je reposais sous l'ombrage, Quand iNœris vint m' éveiller :

Je crus voir sur son visage Le feu du désir briller.

Sur son front Zépbire agite La rose et le pampre vert, Et de son sein qui palpite Flotte le voile entr'ouvert.

Un enfant (jui suit sa trace (Son frère, si je l'en crois) Presse, pour remplir sa lasse, Des raisins entre ses doigts.

Tandis qu'à mes yeux la belle Chante et danse à ses chansons, L'enfant, caché derrière elle^ Mêle au vin d'affreux poisons.

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Nœris prend la tasse pleine, Y goûte, et vient me l'offrir.

Ah ! dis-je, la ruse est vaine :

Je sais qu'on peut en mourir.

Tu le veux, enchanteresse; Je bois, dussé-je, en ce jour, Du vin expier l'ivresse Par l'ivresse de l'amour.

Mon délire fut extrême; Mais aussi qu'il dura peu!

Ce n'est plus Nœris que j'aime, Et Nœris s'en fait un jeu»

De ces ardeurs infidèles, Ce qui reste, c'est qu'enfin, Depuis, à l'amour des belles J'ai mêlé le goût du vin.

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