LA DOUBLE CHASSE
AiH : Toulon, toula'nie., ton! on.
Allons, chasseur, vite en campagne; Du cor n'entends-tu pas le son?
Tonton, tonton, tontaine, tonton.
Pars, et qu'auprès de ta compagne L'Amour chasse dans la maison.
Tonton, tontaine, tonton.
Avec nombreuse compagnie.
Chasseur, tu parcours le canton.
Tonton, tonton, tontaine, tonton.
Auprès de ta femme jolie Combien de braconniers voit-on!
Tonton, tontaine, tonton.
Du cerf prêt à forcer l'enceinte, Chasseur, tu fais le fanfaron.
Tonton, tonton, tontaine, tonton.
Auprès de ta femme, sans crainte.
Se glisse un chasseur franc luion.
Tonton, tontaine, tonton.
48 CJI A.NSONS
CliasbCLir, par la iiieuLc surprise, La bcto pleuro; on lui répond.
Tonton, tonton, tontaine, tonton.
Ta femme, aux abois déjà mise, Sourit aux efforts du fripon.
Tonton, tontaine, tonton.
Chasseur, un seul eoup de ton arme Met bas le cerf sur ie gazon.
Tonton, tonton, tontaine, tonton.
L'amant, pour ta moitié (ju'il channe.
Use de la poudre à foison.
Tonton, tontaine, tonton.
Cliasseur, tu rapportes la bète.
Et de ton cor enfles le son.
Tonton, tonton, tontaine, tonton. L'amant quitte alors sa conquête.
Et le cerf entre à la maison.
Tonton, tontaine, tonton.
LES PETi iS COUPS
Am : Tout ça passe en même temps.
Maîtres de tous nos désirs.
Réglons-les sans les contraindre :
Plus l'excès nuit aux plaisirs, Aiiiis, plus nous devons le craindre,
Aolour d'une petite table, Dans ce petit coin fait pour nous, Du vin vieux d'un hôte aimable Il faut boire {ter) à petits coups.
Pour éviter bien des maux, Veut-on suivre ma recette :
Que l'on nage entre deux eaux,
Et qu'entre deux vins l'on se mette.
Le bonheur tient au savoir-vivre.
De l'abus naissent les dégoûts ; Trop à la fois nous enivre ; 11 faut boire {ter) à petits coups.
Loin d'en murmurer en vain,
Egayons notre indigence :
Il suffit d'un doigt de vin Pour réconforter l'espérance.
Et vous, que flatte un sort prospère, Pour en jouir modérez-vous ;
Car, même dans un grand verre,
Il faut boire {ter) à petits coups.
Philis, quel est ton effroi?
La leçon te déplaît-elle?
Les petits coups, selon toi, Sentent le buveur qui chancelle.
Quel que soit le désir qui perce Dans tes yeux, vifs comme tes goûts,
Du philtre qu'Amour te verse
Il faut boire {1er) à petits coups.
Oui, dv repas en re])as, Pour atteindre à Ja vieillesse, Ne nous incommodons pas,
Et soyons fous avec sagesse.
Amis, le bon vin que le nôtre !
Et la santé, quel bien pour tousl Pour ménager l'un et l'autre, il faut boire (ter) à petits coups.
ÉLOGE DE LA RlCIUiSSE
Aiu (lu iandcviUe d Arlequin Crncllo.
\/à richesse, que des frondeurs
Dédaignent, et pour cause, Ouand elle vient sans les grandeurs.
Est bonne à quelque chose.
Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus,
Savetier, mon compère.
Pour moi qu'il m'arrive un trésor; Une dans mes mains pleuve de Vov, De For, De l'or,
E t j ' e n fa i s m o n a f fa i r e î
Je souris à la pauvi'eté.
Et j'ignore l'envie.
DE BERANGEU.
Pourquoi perdrais-je ma gaiolé
Daus une douce vie?
Maison, jardin, livres, tableaux, Large voiture et bons chevaux.
Pourraient-ils me déplaire?
Quand mes vœux prendraient plus d'essor, Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or.
De l'or.
Et j'en fais mon affaire !
Bonjour, Mondor, riche voisin.
Ta maîtresse est jolie; Son œil est noir, son esprit fin,
Et sa taille accomplie.
J'atteste sa fidélité; Mais que peut contre sa fierté
L'amour d'un pauvre hère?
Pour te l'enlever, cher Mondor, Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or.
De l'or,
Et j'en fais mon affaire!
Le vin s'aigrit dans mon gosier Chez un traiteur maussade;
Mais, à sa table, un financier Me verse-t-il rasade :
Combien, dis-je, ces bons vins blancs?
On me répond : Douze cents francs.
52 (MIANSONS
Par ma foi, co n'est guère.
En Clianipagiie on on trouve encor; Oue dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or, Et j'en fais mon affaire!
A partager dès aujourd'hui,
Amis, je vous invite.
Nous saurions tous, en cas d'ennui,
Me ruiner bien vite.
Manger rentes et capitaux, E ( j uipages , terres , cb à teau x ,
Serait gai, je l'espère.
Ah! pour voir la fm d'un trésor.
Que dans mes mains pleuve de l'or.
De l'or, De l'or,
Et j'en fais mon afAiire!
LA iPU'ij^i&^imi^w.iÈ ^ir LE Ê[^LWALUE[f^
PriTorm, l'idilciir
DE BÉUANGEU. 155