‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 68 sur 166 · ROMANCE DE CHEVALERIE · texte numérisé non relu

ROMANCE DE CHEVALERIE

GENBE A LA MODE.

Air à faire.

a Ah! s'il passait un chevalier c( Dont le cœur fût tendre et fidèle, c( Et qu'il triomphât du geôlier (( Qui me retient dans la tourelle, c( Je bénirais ce chevalier. ))

Par là passait un chevalier A l'honneur, à l'amour fidèle :

(( Dame, dit-il, quel dur geôlier c( Vous retient dans cette tourelle?

<:< Est-il prélat ou chevalier?

a — C'est mon époux, bon chevalier, a Qui veut que je lui sois fidèle, c( Et qui me laisse, en vieux geôlier, « Coucher seule dans la tourelle.

<( Délivrez-moi, bon chevalier. »

Soudain le jeune chevalier, A qui son bon ange est fidèle, Trompe les regards du geôlier, Et pénètre dans la tourelle.

Honneur, honneur au chevalier!

loi CilAMSUA'S

La prisuiinièrc au cliovalier Fait promettre un amour ildèle, Puis se venoe de son «eôlier Sur le grabat de la tourelle.

Soyez heureux, beau chevaliei!

Alors et dame et chevalier, Sautant sur un coursier fidèle, Vont au nez du m a ri -geôlier Jeter les clefs de la tourelle.

Puis, adieu dame et chevalier.

Honneur aux galants chevaliers!

Honneur à leurs dames fidèles!

Contre l'hymen et ses geôliers, Dans les palais, dans les tourelles.

Dieu protégeait les chevaliers.

LES MAIUONNETTES

AïK • ÏM marmotte a mal au pied.

Les marionnettes, croyez-moi,

Sont les jeux de tout âge :

Depuis l'artisan jusqu'au roi,

De la ville au village; ValetSj journalistes, flatteurs,

Dévotes et coquettes, Ah ! saus compter nos grands acteurs.

Combien de marionnettes!

DE BÉP.ANGKR. J55

L'homme, fier de marcher deboul, ;

Vante son équilibre.

Parce qu'il court et va partout, ;

Le pan lin se croit libre.

Mais dans combien de mauvais pas

Sa fortune le jette!

Ah! du destin l'homme ici-bas

N'est que la marionnette ! I

Ce tendron des plus innocents.

Que le désir dévore, Au trouble secret de ses sens - '

Ne conçoit rien encore.

Veiller la nuit, rêver le jour.

L'étonné et l'inquiète.

Elle a quinze ans: ah! pour l'amour

La bonne marionnette !

Voyez ce mari parisien ^

Que maint galant visite ; Il vous accueille mal ou bien,

Vous cherche ou vous évite.

Est-il confiant ou jaloux,

A l'air dont il vous traite?

Non. De sa femme un tel époux

N'est que la marionnette.

Près des femmes que sommes-nous'^

Des pantins qu'on ballotle.

Messieurs, saulez, faites les fous.

Au gré de leur marotte!

Le plus lourd et le plus subtil Font la danse complète ;

Et Dieu pourtant n'a mis qu'un fil A chaque marionnette.

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