ANNÉE
Aiu du Ballet des Pienols.
Je viens d' Montmartre avec ma bête Pour fêter ce maître malin, Et n' crains point qu'au milieu d' la fêle Un boji mot m' renvoie au moulin.
'J60 ■ CtJANSONS
On dit qu'avec plus d'un i^énic Anloin' prend plaisir à cela.
Nous qui n' somm's pas d' l' Académie, Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
Il n' s'en tient pas à des saillies;
Dans plus d'un genre il est heureux.
J' sais mêm' qu'il fait des tragédies
Quand il n'est pas trop paresseux*.
De la Merpomène idolâtre,
Qu'il fass' mourir par- ci par-là.
Nous qui n' somm's pas d'zhéros d' théâtre,
Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
On m'assur' qu'il vient d' faire un livre Où c' qu'il y a du bon : je V crois bien. C docteur-là nous enseigne à vivre Par la boucli' d'un arbre ou d'un chien. A messieurs les Polichinelles** Il dit : Vous en voulez, en v'ià.
Nous, qui n' tenons pas les ficelles, Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
A la cour il s' moqu'rait, je 1' gage, Mêm' de messieurs les chambellans.
De c' pays n'ayant point l' langage.
Il vant' la paix aux conquérants.
* Je crois inutile de rappeler ici les succès draiiiiitiques de Fauteur de Marins, des Vénitiens, etc.
** Polichinelle est le héros d'une des plus jolies fables du recueil de M. Arnault, recueil apprécié par tous les gens de goût, et dont la réputation ne peut qu'aller en augmentant.
DE BÉRANCtI:^. 101
A d' grands seigneurs qui n' sont pas minces Sans ramper toujours il parla.
Nous, qu'on n'a pas encor faits princes, Souhaitons-lui d' ces petits plaisirs-là.
Mais, quoiqu' malin, z'il est bon homme;
D' mandez à sa fille, à ses fils.
Ah ! qu'il soit toujours aimé comme
Il aime ses nombreux amis!
Que r secret d' son bonheur suprême
Reste à c'te gross' maman que v'ià.
Nous, qui sommes d' ceux qu'Antoine aime,
Souhaitons-lui d' ces vrais plaisirs-là.
Nota. On trouvera peut-être que cette chanson, comme beaucoup d'autres des miennes, était peu digne de voir le jour. En effet, je ne la livre à l'impression que parce qu'elle m'offre Toccasion de payer un tribut d'éloges à l'un de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu'elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m'ait pas permis d'y faire entrer l'expression de ma reconnaissance particulière pour l'homme excellent dont l'amitié me fut si longtemps utile et me sera toujours précieuse. (1815.)