JUILLET
AïK : Ce jour-là, sons son ombrage.
Ma mie, ô vous que j'adore, Mais qui vous plaignez toujours Que mon pays ait encore Trop de part à mes amours !
Si la politique ennuie, Même en frondant les abus,
Rassurez- vous, ma mie :
Je n'en parlerai plus.
Près de vous, j'en ai mémoire.
Donnant prise à mes rivaux.
Des arts, enfants de la gloire, Je racontais les travaux.
A notre France agrandie Jls prodiguaient leurs tributs.
Rassurez-vous, 'ma mie :
Je n'en parlerai plus.
Moi, peureux donl on se raille.
Après d'amoureux combats.
DE BEHANGEi;. 177
J'osais vous parler balaille Et clianter nos fiers soldais.
Par eux la terre asservie Voyait tous ses rois vaincus.
Rassurez-vous, ma rnie :
Je n'en parlerai plus.
Sans me lasser de vos chaînes J'invoquais la liberté; Du nom de Rome et d'Athènes J'effrayais votre gaieté.
Quoique au fond je me défie De nos modernes Titus,
Rassurez-vous, ma mie :
Je n'en parlerai plus.
La France, que rien n'égale, Et dont le monde est jaloux, Etait la seule rivale Qui fût à craindre pour vous.
Maisj las! j'ai pour ma patrie Fait trop de vœux superflus.
Rassurez-vous, ma mie :
Je n'en parlerai plus.
Oui, ma mie, il faut vous croire; Faisons-nous d'obscurs loisirs.
Sans plus songer à la gloire, Dormons au sein des plaisirs.
Sous une ligue ennemie, Les Français sont abattus.
Rassurez-vous ma mie :
Je n'en parlerai plus.
MAllGOT
Ain : Car c'est iiite bonleillc.
Chantons Margot, nos amours, Margot, leste et bien tournée, Oue l'on peut baiser toujours, (]ui toujours est chiffonnée.
Quoi! l'embrasser? dit un sot.
Oui, c'est l'humeur de Margot.
Moquons-nous de ce Biaise :
Viens, Margot, viens qu'on te baise.
D'un lutin c'est tout l'esprit; C'est un cœur de tourterelle.
Si le matin elle rit^ Le soir elle vous querelle.
Quoi! se fâcher? dit un sot.
Oui, c'est l'humeur de Margot Voilà comme on l'apaise :
Viens, Margot, viens (|u'on te baise.
Le verre en main, voyez-la, Comme à table elle babille !
Quel air et quels yeux elle a Quand le Champagne pétille!
Quoi! l'air décent! dit un sot.
Oui, c'est l'humeur de Margot.
Mets ta pudeur à l'aise :
Viens, Margot, viens qu'on te baise.
Qu'elle est bien au piano !
Sa voix nous charme et nous louche.
Mais devant un soprano
Elle n'ouvre point la bouche.
Quoi! par pitié? dit un sot.
Oui, c'est l'humeur de Margot.
Ici point d'Albanèse :
Viens, Margot, viens qu'on te baise.
L'amour, à point la servant, Fait pour Margot feu qui flambe ; Mais par elle il est souvent Traité par-dessous la jambe.
Quoi ! par-dessous? dit un sot.
Oui, c'est l'humeur de Margot.
Il faut bien qu'il s'y plaise :
Viens, Margot, viens qu'on te baise.
Margot tremble que l'hymen De sa main ne se saisisse ; Car elle tient à sa main Qui parfois lui rend service.
Quoi! pour broder? dit uu sof.
Oui, c'est riîUDieur de Margot.
Que fais-tu sur ta chaise?
Yiens, Margot, viens qu'on te baise.
Point d'éloges incomplets, S'écriera cette brunette :
A moins de douze couplets, Au diable une chansonnette!
Quoi! douze ou rien? dit un sot.
Oui, c'est l'humeur de Margot.
Nous t'en promettons treize :
Viens, Margot, viens, qu'on te baise