‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 81 sur 166 · MA VOCATION · texte numérisé non relu

MA VOCATION

Ain ; Altemlez-moi sous l'orme.

Jeté sur celte boule, Laid, chétif et souffrant, Etouffé dans la foule.

Faute d'être assez grand ^ Une plainte touchante De ma bouche sortit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit! [Bis,)

Le char de l'opulence M' éclabousse en passant ; J'éprouve l'insolence Du riche et du puissant ; De leur morgue tranchante Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit !

D'une vie incertaine x^yant eu de l'effroi, Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi.

La liberté m'enchante, Mais j'ai grand appétit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit!

L'Amour, dans ma détresse.

Daigna me consoler; Mais avec la jeunesse Je le vois s'envoler.

Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâlit.

Le bon Dieu me dit : Chanie, Chante, pauvre petit!

Chanter, ou je m'abuse, Est ma tâche ici-bas.

Tous ceux qu'ainsi j'amuse Ne m'aimeront-ils pas?

Ouand un cercle m'enchante, Oiiand le vin divertit, Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit! [Bh.)

DE BÉHANGEP,. 185

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