BONSOIR
COUPLETS
A M. LA1SNEY, IMPRIMEUR A PÉROPsiSE16 Aib de la République.
Mon cher Laisney, trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptement écoulés.
Comme ils sont loin, les feux de notre aurore! Que de plaisirs avec eux envolés !
Mais de regrets faut-il qu'on se repaisse? Non ; la gaîté nourrit encor l'espoir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.
Cinquante hivers ont passé sur ta tète; J'ai de bien près cheminé sur tes pas. Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête; Tout ne fut point aquilons et frimas, Aurions-nous mieux employé la jeunesse, Vécu moins vite avec un riche avoir?
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse^ Souhaitons-nous un gai bonsoir.
Dans Pari des vers c'est toi qui fus mon maître : Je t'effaçai sans te rendre jaloux. Si les seuls fruits que pour nous Dieu lit naître Sont des chansons, ces fruits sont assez doux;
Dans nos refrains que le passé renaisse; L'Illusion nous rendra son miroir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.
Reposons-nous; car les Amours sans doule, Pour qui jadis nous avons tant marché, Nous crîraient tous, s'ils nous trouvaient en roule Allez dormir, le soleil est couché.
Mais l'Amitié, l'ombre fût-elle épaisse, Vient allumer nos lampes pour y voir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.
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