‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 71 sur 174 · BONSOIR · texte numérisé non relu

BONSOIR

COUPLETS

A M. LA1SNEY, IMPRIMEUR A PÉROPsiSE16 Aib de la République.

Mon cher Laisney, trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptement écoulés.

Comme ils sont loin, les feux de notre aurore! Que de plaisirs avec eux envolés !

Mais de regrets faut-il qu'on se repaisse? Non ; la gaîté nourrit encor l'espoir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Cinquante hivers ont passé sur ta tète; J'ai de bien près cheminé sur tes pas. Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête; Tout ne fut point aquilons et frimas, Aurions-nous mieux employé la jeunesse, Vécu moins vite avec un riche avoir?

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse^ Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Dans Pari des vers c'est toi qui fus mon maître : Je t'effaçai sans te rendre jaloux. Si les seuls fruits que pour nous Dieu lit naître Sont des chansons, ces fruits sont assez doux;

Dans nos refrains que le passé renaisse; L'Illusion nous rendra son miroir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Reposons-nous; car les Amours sans doule, Pour qui jadis nous avons tant marché, Nous crîraient tous, s'ils nous trouvaient en roule Allez dormir, le soleil est couché.

Mais l'Amitié, l'ombre fût-elle épaisse, Vient allumer nos lampes pour y voir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

LE

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