‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 72 sur 174 · MISSIONNAIRE DE MONTROUGE · texte numérisé non relu

MISSIONNAIRE DE MONTROUGE

POUR LA FETE DE MARIE (bAVILLIEll)

(C'est un dindOD qui est censé parler.) Air : Allez-vous-en, gens de la noce,

Acc, Maria! ma voisine, Uue le ciel daigne vous toucher!

Montrouge, où l'Esprit-Saint domine, M'envoie ici pour vous prêcher.

On exalte en vain votre grâce, Votre gaîté, vos heureux goûts.

Glous! glous! glous! glous! (Bis.) Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Vous applaudissez aux lumières D'un siècle aveugle et perverti; Votre raison ne se plaît guères Qu'avec Voltaire et son parti.

Ah! préférez à leur audace L'esprit d'un frère coupe-choux.

Glous! glous! glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Les arts vous tiennent sous le charme, Phébus pour vous prend son archet; Mais leur gloire aussi nous alarme :

Demandez à l'ami Franchet17.

Aigles et cygnes, quoi qu'on fasse, Sont toujours de méchants ragoûts.

Glous! glous! glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Cessez de vanter l'industrie Dont votre époux soutient l'honneur.

Vous croyez qu'il sert la patrie, Que du travail naît le bonheur :

Mais au peuple on rond la besace Pour qu'il dépende encore de nous.

filous! glous î glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Vous êtes surtout bienfaisante, Le pauvre au pauvre le redit ; Mais la bonté reste impuissante Lorsqu'on est chez nous sans crédit.

Voici les parts qu'il faut qu'on fasse A nous l'or, aux pauvres les sous.

Glous! glous! glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Grâce à tous les gens de ma robe Qui sont martyrs en ces bas lieux, Souffrez qu'à l'enfer je dérobe Votre âme si digne des cieux.

Avant peu, si Dieu nous fait grâce, On rôtira d'autres que nous.

Glous! glous! glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Oui, Marie, en vain l'on se moque Du pauvre père de la Foi!

Vos beaux esprils, que je provoque, A table planaient moins que moi.

Qu'à la vôtre on me donne place, J'embellirai ce jour si doux.

Glous! glous! glous! glous! (Bis.) De truffes parfumez Ignace :

Riez et divertissez-vous.

COUPLETS

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