‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 66 sur 94 · CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMANS · texte numérisé non relu

CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMANS

Air : A soixante ans il ne faut pas remettre.

Nous triomphons! Allah! gloire au prophète!

Sur ce rocher plantons nos étendards.

Ses défenseurs, illustrant leur défaite, En vain sur eux font crouler ses remparts."

< Voir les notes à la Gn du volume.

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« Quel trait d*orgueil! dira la Calomnie :

» Ferait-on plus pour des alexandrins?

» Le chansonnier vise à l'Académie , » Et veut au Pinde anoblir ses refrains. »

Viser si haut, malgré cette imposture, N'est point mon fait, je vous en avertis.

Pour conserver vos lettres de roture, Mieux vous allait de rester tout petits, Petits, petits, oui, petits, tout petits.

Je vois deux sots rendus à leur province :

(( Messieurs, dit l'un, sifflons le troubadour; » Il veut des croix, et, pour TofiFrir au prince, » A son recueil a mis Thabit de cour.

» Le Roi, dit l'autre, a daigné lui sourire, )) Même a trouvé ses vers assez gentils. »

Voyez du Roi ce que vous ferez dire !

Mieux vous allait de rester tout petits , Petits, petits, oui, petits, tout petits.

L'humble format sut plaire à cette classe Sur qui les arts sèment trop peu de fleurs ; Il se fourrait jusque dans la besace De l'indigent dont il séchait les pleurs.

A la guinguette instruisant ces recrues.

D'obscurs lauriers j'ai fait large abatis.

Pour rencontrer la Gloire au coin des rues, Mieux vous allait de rester tout petits, Petits, petits, oui, petits, tout petits.

Je dois trembler; car, moi qui suis prophète, Je vois de loin Toubli fondre sur vous.

De tant d'échos dont la voix vous répète, L'un meurt, puis Tautre, et puis cent, et puis tous. Déjà mon front sent glisser sa couronne ; Comme les miens vos beaux jours sont partis.

Pour disparaître au premier vent d'automne, Mieux vous allait de rester tout petits, Petits, petits, oui, petits, tout petits.

COUPLETS

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