‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 67 sur 94 · UN PRÉTENDU PORTRAIT DE MOI · texte numérisé non relu

UN PRÉTENDU PORTRAIT DE MOI

d'une édition de mes chansons «.

Air : /e loge au quatrième étage.

Petit portrait de fantaisie

Mis en tête de mon recueil ,

Penses-tu que par courtoisie

Le monde entier te fasse accueil? (bis.)

Tu peux te parer, si tu l'oses.

D'un laurier modeste et discret;

Tu peux te couronner de roses :

Non , non , tu n'es pas mon portrait.

bis.

Nous triomphons, et le sabre terrible Va de la Croix punir les attentats.

Exterminons une race invincible :

Les rois chrétiens ne la vengeront pas.

N'as-tu, Chios, pu sauver un seul être

Qui vînt ici raconter tous tes maux * ?

Psara tremblante eût fléchi sous son maître.

Où sont tes fils, tes palais, tes hameaux?

Loi^ue la peste en ton île rebelle

Sur tant de morts menaçait nos soldats ^,

Tes fils mourants disaient : N'implorons qu elle;

Les rois chrétiens ne nous vengeront pas.

Mais de Chios recommencent les fêtes;

Psara succombe, et voilà ses soutiens!

Dans le sérail comptez combien de têtes

Vont saluer les envoyés chrétiens.

Pillons ces murs! de l'or! du vin! des femmes!

Vierges, l'outrage ajoute à vos appas.

Le glaive après puriflra vos âmes :

Les rois chrétiens ne vous vengeront pas.

L'Europe esclave a dit dans sa pensée :

Qu'un peuple libre apparaisse! et soudain...

Paix! ont crié d'une voix courroucée

Les chefs que Dieu lui donne en son dédain.

Byron offrait un dangereux exemple;

On les a vus sourire à son trépas.

Du Christ lui-même allons souiller le temple :

I^s rois chrétiens ne le vengeront pas.

 notre rage ainsi rien ne s'oppose :

Psara n'est plus, Dieu vient de l'effacer.

Sur ses débris le vainqueur qui repose Rêve le sang qu'il lui reste à verser.

Qu'un jour Stamboul * contemple avec ivresse Les derniers Grecs suspendus à nos mâts!

Dans son tombeau faisons rentrer la Grèce :

Les rois chrétiens ne la vengeront pas.

Ainsi chantait cette horde sauvage.

Les Grecs! s'écrie un barbare effrayé.

La flotte hellène a surpris le rivage % Et de Psara tout le sang est payé.

Soyez unis, ô Grecs! ou plus d'un traître Dans le triomphe égarera vos pas.

Les nations vous pleureraient peut-être; Les rois chrétiens ne vous vengeraient pas.

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