‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 88 sur 94 · ENCORE DES AMOURS · texte numérisé non relu

ENCORE DES AMOURS

AIK :

Je me disais : Tous les dieux du bel Age M'ont délaissé; me voilà seul et vieux.

Adieu Tespôir que leur troupe volage M'avait donné de me fermer les yeux !

Je le disais, lorsqu'une enchanteresse Vient et d'un mot ravit mes sens troublés.

Ah ! c'est encor quelque beauté traîtresse :

Tous les Amours ne sont pas envolés.

Oui, c'est encor quelque sujet de peine ^ Mais du repos je âuis si fatigué!

Lorsqu'à trente ans je pliais sous ma chaîne, Plus malheureux, pourtant j'étais plus gai.

Le ciel m'envoie une reine nouvelle; Combien d'attraits les siens m'ont rappelés!

Roses d'automne, effeuillez-vous pour elle :

Tous les Amours ne sont pas -envolés.

Mes yeux encore ont des pleurs à répandre; Ma voix encore a des chants amoureux.

Aimons, chantons. La beauté vient m'apprendre A triompher des hivers rigoureux.

Tout me sourit : les fleurs brillent plus belles, Les jours plus purs, les cieux plus étoiles.

Dans l'air plus doux j'entends battre des ailes. Tous les Amours ne sont pas envolés.

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