‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 89 sur 94 · LA MORT DU DIABLE · texte numérisé non relu

LA MORT DU DIABLE

AiB du Vilain.

Du miracle que je retrace

Dans ce récit des plus succincts,

Rendez gloire au grand saint Ignace,

Patron de tous nos petits saints.

Par un tour, qui serait infâme

Si les saints pouvaient avoir tort,

Au diable il a fait rendre Tâme. (bis.)

Le diable est mort, le diable est mort, {ter,)

Satan, Tayant surpris à table,

Lui dit : Trinquons, ou sois honni.

L'autre accepte, mais verse au diable

Dans son vin un poison béni.

Satan boit, et, pris de colique,

Il jure, il grimace, il se tord;

Il crève comme un hérétique, (bis,)

Lo diable est mort, le diable est mort. [1er.

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Il est mort! disent tous les moines;

On n'achètera plus d'agnm.

II est mort! disent les chanoines;

On ne paira plus d'oremus.

Au conclave on se désespère :

Adieu puissance et coffre-fort!

Nous avons perdu notre père. (Ins.)

Le diable est mort, le diable est mort, (ter.)

L'amour sert bien moins que la crainte;

Elle nous comblait de ses dons.

L'intolérance est presque éteinte;

Qui rallumera ses brandons?

A notre joug si Thomme échappe,

La vérité luira d'abord :

Dieu sera plus grand que le pape, {bis,)

Le diable est mort, le diable est mort, {ter.)

Ignace accourt : Que Ton me donne,

I^ur dit-il, sa place et ses droits.

Il n'épouvantait plus personne;

Je ferai trembler jusqu'aux rois.

Vols, massacres, guerres ou pestes.

M'enrichiront du sud au nord.

Dieu ne vivra que de mes restes, {bis,)

Ijc diable est mort, le diable est mort, (ter,)

Tous de s écrier : Ah! brave homme!

Nous te bénissons dans ton fiel.

Soudain son ordre, appui de Rome, Voit sa robe effrayer le ciel.

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