‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 112 sur 323 · LE VIN ET LA COQUETTE · texte numérisé non relu

LE VIN ET LA COQUETTE

Air: Je vsi bienléi quitter f empire.

Amis, il est une coquette Dont je redoute ici les veux.

Que sa vanité qui me guette,

Mc trouve toujours plus joyeux.

L’est au vin de rendre impossible Le triomphe qu’elle espérait.

Ah ! cachons bien que mon cœur est sensible : La coquette en abuserait.

Faut-il qu'elle soit si charmante !

Ah ! de mon cœur prenez pitié !

Chantez la liqueur écumante Que verse en riant l'Amitié.

Enlacez je lierre' paisible Sur mon front, qui me trahirait.

Ah ! cachons bien que mon cœur est sensible : La coquette en abuserait.

Poursuivons de nos épigrammes Ce sexe que j’ai trop aimé ;

Achevons d'éteindre les flammes Du flambeau qui m’a consumé.

Que Bacchus, toujours invincible,

Ote il l'Amour son dernier trait.

Ah ! cachous bien que mon cœur est sensible : La coquette en abuserait.

Mais l'Amour pressa-t-il la grappe D'où nous vient ce jus enivrant?

J’aime encor ; mon verre m’échappe ;

Je ne ris plus qu'en soupirant.

Pour fuir ce charme irrésistible,

Trop d'ivresse enchaîne mes pas.

Ah ! vous voyez que mon cœur est sensible : Coquette, n'en abusez pas.

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