‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 122 sur 323 · JANVIER <8IT · texte numérisé non relu

JANVIER <8IT

Air : Ermite . bon tnxtt

A d'aimables compagnes Une jeu ue beauté Disait : Dans nos campagnes Règne l'humanité.

Un él ranger s'avance,

Qni, parmi nous errant,

Redemande la France Qu’il chante en soupiran*.

D'une terre chérie C'est un iils désolé.

Rendons une patrie,

Une patrie Au pauvre exilé.

Près d’on ruisseau rapi le Vers la France entraîné,

11 s'assied, l'œil humide,

Et le front incliné.

Dans les champs qu’il regrette Il sait qu'en peu de jours Ces flots que rien n'arrête Vont promener leur cours.

D'une terre chérie C’est un fils désolé.

Rendons une patrie,

Une patrie Au pauvre exilé.

Quand sa mère, peut-être.

Implorant son retour.

Tombe aux genoux d’un maître Que touche son amour;

Trahi par la victoire,

Ce proscrit, dans nos bois,

Inquiet de sa gloire.

Fuit la haine des rois.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie.

Une patrie Au pauvre exilé.

De rivage en rivage Que sert de le bannir?

Partout de son courage Il trouve un souvenir.

Sur nos bords, par la guerre Tant de fois envahis.

Son sang même a naguère Coulé pour son pays.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons uue patrie,

Une patrie Au pauvre exilé.

Dans nos destins contraires, On dit qu’en ses foyers Il recueillit nos frères Vaincus et prisonniers.

De ces temps de conquêtes, Rappelons-lui le cours ;

Qu'il trouve ici des fêtes,

Et surtout des amours.

D’une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie.

Une patrie Au pauvre exilé.

Si notre accueil le touche, Si, par nous abrité,

11 s'endort sur la concile De l'hospitalité ;

Que par nos voix légères Ce Français réveillé.

Sous le toit de ses pères Croie avoir sommeillé.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie,

Une patrie Au pauvre exilé.

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