‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 128 sur 323 · ADIEU A DES AMIS · texte numérisé non relu

ADIEU A DES AMIS

A:r : C'-tf. es Isah . l'-risriRtu,

D'ici faut-il que je parte,

Blés amis, quand loin de vous Je ne puis voir sur la carte D’asile pour moi plus doux !

Même au sein de notre ivresse,

Dieu ! je crois être à demain :

Fouette, cocher, dit la Sagesse ;

Et me voilà sur le chemin.

.Malgré les sermons du sage.

On pourrait, grâce aux plaisirs,

Aux fatigues du voyage Opposer d'heureux loisirs.

Mais une ardeur importune En route met chaque humain :

Fouette, cocher ! dit la Fortune ;

Et nous voilà sur le chemin.

Ne va point voir ta maîtresse,

Ne va point au cabaret,

Me vient dire avec rudesse Un médecin indiscret;

Mais Lisette est si jolie !

Mais si doux est le bon vin !

Fouette, cocher ! dit la Folie ;

Et me voilà sur le chemin.

Parmi vous bientôt peut-être Je chanterai mon retour.

Déjà je crois voir renaître L'aurore d’un si beau jour :

L'allégresse que j'encense A mon paquet met la main.

Fouette, cocher ! dit l'Espérance ;

Et me voilà sur le chemin.

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