‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 16 sur 323 · LA GAUDRIOLE · texte numérisé non relu

LA GAUDRIOLE

Air La ben» «ratura.

Momus a pris pour adjoints Des rimeurs d'école ;

• Desaueiers

Des chansons en quatre points Le froid nous désole.

Mirliton s’en est allé.

Ah ! la muse de Collé ,

C’est la gaudriole ,

O gué,

C’est la gaudriole.

Moi , des sujets polissons Le ton m’affriole.

Minerve dans mes chansons Fait la cabriole.

De ma grand’ mère , après tout, Tartufes, je tiens le goût De la gaudriole,

O gué,

De la gaudriole.

Elle amusait à dix ans Son maître d'école.

Des cordeliers gros plaisants Elle fut l'idole.

Au prêtre qui l’exhortait ,

En mourant elle contait Une gaudriole ,

O gué,

Une gaudriole.

C’était la régence alors ;

Et sans hyperbole,

Grâce aux plus drùles de corps, La France était folle.

Tous les hommes plaisantaient , Et les femmes se prêtaient A la gaudriole,

O gué,

A la gaudriole.

On ne rit guère aujourd’hui , Est-on moins frivole ?

Trop de gloire nous a nui ;

Le plaisir s'envole.

Mais an Français attristé Qui peut rendre la galté ?

C'est la gaudriole,

O gué.

C est la gaudriole.

Prudes qui ne criez plus Lorsqu’on vous viole,

Pourquoi prendre un air confus A chaque parole?

Passez les mots aux rieurs ;

Les plus gros sont les meilleurs Pour la gaudriole,

O gué,

Pour la gaudriole.

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