‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 17 sur 323 · IM · texte numérisé non relu

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Air Bande dn camp de Grandpre

Aux gens atrabilaires Pour exemple donné ,

En un temps de misères Roger Bontemps est né.

Vivre obscur à sa guise ,

M arguer les mécontents;

Eh gai ! c’est la devise Du gros Roger Bontemps.

Du chapeau de son père ,

Coiffé dans les grands jours,

De roses ou de lierre Le rajeunir toujours ;

Mettre un manteau de bure ;

Vieil ami de vingt ans;

Eh gai ! c’est la parure Du gros Roger Bontemps.

Posséder dans sa hutte Une table , un vieux Ut,

Des cartes , une flûte ,

Un broc que Dieu remplit,

Un portrait de maitresse,

Un coffre et rien dedans ;

Eh gai ! c’est la richesse Du gros Roger Bontemps.

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Aux enfants de la ville Montrer de petits jeux;

Être un faiseur habile De contes graveleux ;

>’e parler que de danse Et d'almanachs chantants ;

Eh gai ! c'est la science Du gros Roger Bontemps.

Faute de vin d'élite,

Sabler ceux du canton ;

Préférer Marguerite Aux dames du grand ton ;

De joie et de tendresse Remplir tous ses instants ;

Eh gai ! c’est la sagesse Du gros Roger Bontemps.

Dire au ciel : Je me fie ,

Mon père, à ta bonté ;

De ma philosophie Pardonne la gaîté ;

Que ma saison dernière Soit encore un printemps ;

Eh gai ! c’est la prière Du gros Roger Bontemps.

Vous, pauvres pleins d'envie,

Vous, riches désireux,

Vous, dont le char dévie Après un cours heureux ;

Vous, qui perdrez peut-être Des titres éclatants,

Eh gai ! prenez pour maître Le gros Roger Bontemps.

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