‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 163 sur 323 · MA LAMPE · texte numérisé non relu

MA LAMPE

CHANSON ADRKSSKK a MADAME Dl'PRBSNOT.

Veille encore, ô lampe fidèle Que trop peu d’huile vient nourrir !

Sur les accents d’une immortelle laisse mes regards s’attendrir.

De l'amour que sa lyre implore,

Tu le sais, j’ai subi la loi.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnov.

Son livre est plein d'un doux mystère, Plein d'un bonheur de peu d'instants ; 11 rend à mou lit solitaire Tous les songes de mon printemps.

Les dieux qu'au bel âge on adore Voudraient-ils rcvoler vers moi?

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufrcsnoy.

Si, comme Sapho qu’elle égale,

Elle eût, en proie â deux penchants, Des amours ardente rivale,

Aux Grâces consacré ses chants,

Parny, près d'une Eléonore,

Ne l’aurait pu voir sans effroi.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Combien a pleuré sur nos armes Son noble cœur, de gloire épris !

De nôtre pour rien dans ses larme* L'Amour alors parut surpris.

Jamais au pays quelle honore

Sa lyre n'a manqué de foi.

Veille, ma lampe, veille encore .

Je lis les vers de Dufresnoy.

Au* chants du Nord on fait hommage Des lauriers du Pinde avilis ;

Blais de leur gloire sois l'image,

Toi, ma lampe, toi qui pâlis.

A ton déclin je vois l'aurore Triompher de l’ombre et de toi ;

Tu meurs, et je relis encore Les vers charmants de Dufresuoy .

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