‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 172 sur 323 · LES DEUX COUSINS · texte numérisé non relu

LES DEUX COUSINS

(«r LETTRE D'AIR PETIT ROI A l'A PETIT PAC. — 1ER!.

Air : A- ! daijtB n'ipî^atr If reslt.

Salut! petit cousin germain D'un lieu d'exil j'ose t'écrire.

La Fortune te tend la main ;

Ta naissance l'a fait sourire.

Mon premier jour aussi fut lieau ;

Point de Français qui n’en convienne.

Ixs rois m’adoraient au berceau ; [Ois.) Et cependant je suis à Vienne !

Je fus bercé par tes faiseurs De vers, de chansons, de poèmes;

Ils sont, comme les confiseurs,

Partisans de tous les baptêmes.

Les eaux d'un fleuve bien mondain Vont laver ton ûme chrétienne:

On m'offrit de l’euu du Jourdain;

Et cependant je suis à Vienne!

Ces juges , ces pairs avilis ,

Qui te prédisent des merveilles,

De mon temps juraient que les lis Seraient le butin des abeilles.

Parmi les nobles détracteurs De toute vertu plébéienne,

Ma nourrice avait des flatteurs ;

Et cependant je suis à Vienne!

Sur des lauriers je me couchais ;

La pourpre seule t’environne.

Des sceptres étaient mes hochets;

Mon bourlet fut une couronne.

Méchant bourlet, puisqu'un faux pas Même au Saint-Père ôtait la sienne.

Mais j'avais pour moi nos prélats ;

Et cependant je suis à Vienne !

• Le rot de Rome, par sa mère, fille d’une princesse de Naples, était cousin des Bourbons de France, et issu de germain avec le duc de Bordeaux.

(juant aux maréchaux , je crois peu (Jue du monde ils t’ouvrent l'entrée;

Ils préfèrent au cordon bleu,

De l'honneur l’étoile sacrée.

Mon père à leur beau dévoùment Livra sa fortune et la mienne.

Ils auront tenu leur serment; lit cependant je suis à Vienne !

Près du trône si tu grandis ,

Si je végète sans puissance ,

Confonds ces courtisans maudits.

En leur rappelant ma naissance.

Dis-leur : > Je puis avoir mon tour :

* l*e mon cousin qu'il vous souvienne.

" Vous lui promettiez votre amour;

» Et cependant il est à Vienne ! -

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