PARNY
Roaanre — Mecque de M B Wfea.
Je disais aux fils d’Epicure :
« Réveillez par vos joyeux chants Pamy, qui sait de la nature « Célébrer les plus doux penchants. »
Mais les chants que la joie inspire
Font place aux regret» superflus ;
Paru y n'est plus !
Il vient d'expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus !
Je disais aux Grâces émues :
« Il vous doit sa célébrité.
« Montrez-vous à lui demi-nues ;
“ Qu’il peigne encor la volupté. »
Mais chacune d'elles soupire Auprès des Plaisirs éperdus.
Parny n’est plus !
Il vient d’expirer sur sa lyre:
Parny n’est plus !
Je disais aux dieux du bel âge :
« Amours, rendez à ses vieux ans • Les fleurs qu'aux pieds d’une volage « Il prodigua dans son printemps. ■ Mais en pleurant je les vois lire Des vers qu’ils ont cent fois relus.
Parny n’est plus !
Il vient d'expirer sur sa Ivre :
Parny n'est plus !
Je disais aux Muses plaintives :
“ Oubliez vos malheurs récents ■< Pour charmer l’écho de nos rives ,
" Il vous suffit de ses accents.
Mais du poétique délire Files brisent les attributs.
Parny n'est plus !
Il vient d’expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus !
Il n’est plus ! ah ! puisse l’envie S'interdire un dernier effort • ** !
Immortel il quitte la vie ;
Pour lui tous les dieux sont d'accord.
Que la haine, prête à maudire, Pardonne aux aimables vertus.
Parny n'est plus !
• Allusion à la mon de Lebrun, deDelille, de Bernardin du Saint- Pierre, de Grétry.etc.
•• Autre allusion aux insultes faites A la mémoire de Tailleur de la f.uerre de» Dieux.
U vient d'expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus !
MA GRAND’ MfiRE.
Air : RureraBJt^Biiî h Stasi
Ma grand'mère , un soir à sa fête , De vin pur ayant bu deux doigts, Aous disait en branlant la tète :
Que d'amoureux j’eus autrefois !
Combien je regrette Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu!
(bis.)
Quoi ! maman , vous n'étiez pas sage ! — Non vraiment ! et de mes appas Seule à quinze ans j’appris l'usage :
Car la nuit je ne dormais pas.
Combien je regrette Mon bras si dodu.
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !
Maman , vous aviez le cœur tendre ?
— Oui, si tendre qu'à dix-sept ans , Lindor ne se fit pas attendre,
Et qu’il n’attendit pas longtemps.
Combien je regrette Mon bras si dodu ,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !
Maman, Liudor savait donc plaire?
—Oui , seul il me plut quatre mois ; Mais bientôt, j’estimai Valère,
Et fis deux heureux à la fois.
Combien je regrette Mon bras si dodu ,
Ma jambe bien faite ,
Et le temps perdu !
Quoi ! maman, deux amants ensemble !
—Oui, mais chacun deux me trompa.
Plus line alors qu il ne vous semble, J'épousai votre grand-papa.
Combien je regrette Mon bras si dodu ,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !
Maman , que lui dit la famille ?
—Rien, mais un mari plus sensé Eût pu connaître à la coquille Que l’œuf était déjà cassé.
Combien je regrette Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite ,
Et le temps perdu !
Maman , lui fûtes-vous fidèle?
Oh ! sur cela je me tais bien.
K moins qu'à lui Dieu 11e m'appelle, Mon confesseur n'en saura rien.
Combien je regrette,
Mon bras si dodu ,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !
Rien tard , maman, vous fûtes veuve?
—Oui ; mais , grâces à ma gaité ,
Si l'église n'était pas neuve ,
Ix saint u’en fut pas moins fêté.
Combien je regrette Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite ,
Et le temps perdu !
Comme vous, maman, faut-il faire?
— Eh ! mes petits-enfants, pourquoi, Quand j'ai fait comme ma grand’ mère.
Ne feriez- vous pas comme moi?
Combien je regrette Mon bras si dodu.
Ma jambe bien faite.
Et le temps perdu!
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