PRÉFACE
Air de Vaudeville de Fréville et Taioeoei
Aile* *•, enfants nés sous un autre régne;
Sous celui-ci quittez le coin du feu.
Adieu ! partez, bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.
On m'a crié : L’occasion est bonne ;
Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.
Pour vos aines que de pas et d’alarmes!
J’ai vu Thémis m’ôter mon plus doux bien • Car eu prison le sommeil est sans charmes ; Prés du malheur on ne dort jamais bien. J'entends encor le verrou qui résonne,
Et dans ma main fait trembler mes pipeaux. Allez, enfants ; mais n’éveillez personne •
Mon médecin m’ordonne le repos.
Si l’on disait : La gaité vous délaisse,
Vous répondrez (et pour moi j’en rougis) :
« De notre père accusaut la faiblesse,
« Les plus joyeux sont restés au logis. «
Ces égrillards iraient, d’humeur bouffonne, Pincer au lit le diable et ses suppôts.
Allez, enfants; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.
Vous passerez près d’une ruche pleine, D’abeilles, non ; mais de guêpes, je crois. iNe soufflez mot, retenez votre haleine; Tremblez, enfants, vous qui jurez parfois"! Le dard caché qu’à ces guêpes Dieu donne A fait périr des bergers, des troupeaux.
Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.
Petits Poucets de la littérature.
* Cette chanson est en tête du volume publié en 1888.
*• Dans plus d’un village, on croit encore que les abeilles se jeilenl sur ceux qui profèrent des jurons auprès de leur ruche.
De l'autre cûté de l’eau.
Voici la Sainte-Chapelle Où l'on pria pour Boileau *.
S'il renaissait, ce grand maître, Le clergé, remis en train ,
En prison ferait peut-être Fourrer l'auteur du Lutrin.
Suivez-moi!
C’est la loi.
Suivez-moi, de par le Roi.
Là, devant ce péristyle,
Un tribunal impuissant,
Au bûcher livra {Emile", Phénix toujours renaissaut.
Muse, de vos chansonnettes Aujourd'hui l'on va tâcher De faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher.
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi, de par le Roi,
Muse, voici la grandsalle...
Hé quoi ! vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale.
Par vous piqués trop souvent !
Revenez donc, pauvre sotte,
Voir prendre à vos ennemis, Pour peser une marotte,
Les balances de Thémis.
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi, de par le Roi. .
Elle fuit, et chez le juge J'entre, et puis enfin je sors.
Mais devinez quel refuge Ma muse avait pris alors, (■aiment avec la grisette D'un président, bon humain.
• On Mil que Boileau fui enterré dans l'église située sont la Sainte-Cbapelle.où l'on voyait (t fameux lutrin qui inspira l'uu des ouvrages les plus parfaits de notre langue
' • On sait également que par arrêt du parlement Vimitt fut brûlé par la main du bourreau , et sou auteur décrété de prise do corps.
Cette folle, à la buvette, Répétait le verre en main • Suivez-moi !
C’est la loi.
Suivez-moi, de par le Roi.