‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 183 sur 323 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Air de Vaudeville de Fréville et Taioeoei

Aile* *•, enfants nés sous un autre régne;

Sous celui-ci quittez le coin du feu.

Adieu ! partez, bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.

On m'a crié : L’occasion est bonne ;

Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n’éveillez personne :

Mon médecin m’ordonne le repos.

Pour vos aines que de pas et d’alarmes!

J’ai vu Thémis m’ôter mon plus doux bien • Car eu prison le sommeil est sans charmes ; Prés du malheur on ne dort jamais bien. J'entends encor le verrou qui résonne,

Et dans ma main fait trembler mes pipeaux. Allez, enfants ; mais n’éveillez personne •

Mon médecin m’ordonne le repos.

Si l’on disait : La gaité vous délaisse,

Vous répondrez (et pour moi j’en rougis) :

« De notre père accusaut la faiblesse,

« Les plus joyeux sont restés au logis. «

Ces égrillards iraient, d’humeur bouffonne, Pincer au lit le diable et ses suppôts.

Allez, enfants; mais n’éveillez personne :

Mon médecin m’ordonne le repos.

Vous passerez près d’une ruche pleine, D’abeilles, non ; mais de guêpes, je crois. iNe soufflez mot, retenez votre haleine; Tremblez, enfants, vous qui jurez parfois"! Le dard caché qu’à ces guêpes Dieu donne A fait périr des bergers, des troupeaux.

Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :

Mon médecin m’ordonne le repos.

Petits Poucets de la littérature.

* Cette chanson est en tête du volume publié en 1888.

*• Dans plus d’un village, on croit encore que les abeilles se jeilenl sur ceux qui profèrent des jurons auprès de leur ruche.

De l'autre cûté de l’eau.

Voici la Sainte-Chapelle Où l'on pria pour Boileau *.

S'il renaissait, ce grand maître, Le clergé, remis en train ,

En prison ferait peut-être Fourrer l'auteur du Lutrin.

Suivez-moi!

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

Là, devant ce péristyle,

Un tribunal impuissant,

Au bûcher livra {Emile", Phénix toujours renaissaut.

Muse, de vos chansonnettes Aujourd'hui l'on va tâcher De faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher.

Suivez-moi !

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi,

Muse, voici la grandsalle...

Hé quoi ! vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale.

Par vous piqués trop souvent !

Revenez donc, pauvre sotte,

Voir prendre à vos ennemis, Pour peser une marotte,

Les balances de Thémis.

Suivez-moi !

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi. .

Elle fuit, et chez le juge J'entre, et puis enfin je sors.

Mais devinez quel refuge Ma muse avait pris alors, (■aiment avec la grisette D'un président, bon humain.

• On Mil que Boileau fui enterré dans l'église située sont la Sainte-Cbapelle.où l'on voyait (t fameux lutrin qui inspira l'uu des ouvrages les plus parfaits de notre langue

' • On sait également que par arrêt du parlement Vimitt fut brûlé par la main du bourreau , et sou auteur décrété de prise do corps.

Cette folle, à la buvette, Répétait le verre en main • Suivez-moi !

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

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