‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 214 sur 323 · LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

LES HIRONDELLES

Air de la ranance de Joseph.

Captif au rivage du Maure, lin guerrier courbé sous ses fers.

Disait : Je vous revois encore.

Oiseaux ennemis des hivers.

Hirondelles, que l' espérance Suit jusqu'en ces brûlants climats.

Sans doute vous quittez la France :

De mon pays ne me parlez-vous pas?

Depuis trois ans je vous conjure De m'apporter un souvenir Du vallon où ma vie obscure Se berçait d’un doux avenir.

Au détour d’une eau qui chemine A flots purs, sous de frais lilas,

Vous avez vu notre chaumine :

De ce vallon ne me parlez-vous pas?

L'une de vous peut-être est née Au toit où j’ai reçu le jour ;

Là d'une mère infortunée Vous avez dû plaindre l'amour.

Mourante, elle croit à toute heure Entendre le bruit de mes pas.

Elle écoute, et puis elle pleure.

De son amour ne ine parlez-vous pas?

Ma sœur est-elle mariée?

Avez- vous vu de nos garçons La foule, aux noces conviée,

La célébrer dans leurs chansons !

Et ces compagnons du jeune Age Qui m'ont suivi dans les combats,

Ont-ils revu tous le village ?

De tant d’amis ne me parlez-vous pas?

Sur leurs corps l'étranger, peut-être ,

Du vallon reprend le chemin ;

Sous mon chaume il commande eu maître; De ma sœur il trouble l'hymen.

Pour moi plus de mère qui prie,

Et partout des fers ici-bas.

Hirondelles de ma patrie.

De ses malheurs ne me parlez- vous pas?

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