‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 232 sur 323 · LAFAYETTE EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

LAFAYETTE EN AMÉRIQUE

Au : A isuate ii! il u bal pu teiittn.

Républicains, quel cortège s'avance ?

— lin vieux guerrier débarque parmi nous.

— Vient-il d'un roi vous jurer l'alliance?

— Il a des rois allume le courroux, [bis |

— Est-il puissant? — Seul il franchit les ondes. — Qu’a-t-il donc fait? — Il a brisé des fers, {bit.) Gloire immortelle à l'hounne des deux mondes! Jours de triomphe, éclairez 1 univers!

Européen, partout, sur ce rivage Qui retentit de joveuses clameurs,

Tu vois régner, sans trouble et sans servage,

La paix, les lois, le travail et les mœurs.

Des opprimés ces bords sont le refuge :

La tyrannie a peuplé nos déserts.

L'homme et ses droits ont ici Dieu pour juge. Jours de triomphe, éclairez l'univers!

Mais que de sang nous coûta ce bien-être !

Nous succombions : lafayette accourut,

Montra la France, eut Washington pour maître, Lutta, vainquit, et l'Anglais disparut.

Pour son pays, pour la liberté sainte,

Il a depuis grandi dans les revers.

Des fers d Olmutz nous effaçons l'empreinte. Jours de triomphe, éclairez l’univers !

Ce vieil ami que tant d'ivresse accueille,

Par un héros ce héros adopté,

Bénit jadis à sa première feuille,

L'arbre naissant de notre liberté.

Mais aujourd’hui que l'arbre et son feuillage Bravent en paix la foudre et les hivers,

Il vient s'asseoir sous sou fertile ombrage.

Jours de triomphe, éclairez l'univers!

Autour de lui vois nos chefs, vois nos sages.

Nos vieux soldats, se rappelant ses traits;

Vois tout un peuple et ces tribus sauvages A son nom seul sortant de leurs forêts.

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L'arbre sacré sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts :

• Les vents ou loin porteront sa semence.

Jours de triomphe, éclairez l'univers !

L'Européen, que frappent ces paroles,

Servit des rois, suivit des conquérants :

■ Un peuple esclave encensait ces idoles;

; Un peuple libre a des honneurs plus grands. Hélas I dit-il, et son œil sur les ondes Semble chercher des bords lointains et chers : Que la vertu rapproche les deux mondes !

Jours de triomphe, éclairez l'univers I *

&:!Hunuwrinunu!innmMnnaiwuunu!uuiiima*

MALDIT PRINTEMPS.

Air : C'tst à non mite en l'art de'puirt.

Je la vovais de ma feuètre A la sienne tout cet hiver :

Mous nous aimions sans nous connaître; i Nos baisers se croisaient dans l'air.

Entre ces tilleuls sans feuillage,

Nous regarder comblait nos jours.

Aux arbres tu rends leur ombrage ;

Maudit printemps ! reviendras-tu toujours ?

Il se perd dans leur voûte obscure Cet ange éclatant qui là-bas M'apparut jetant la pâture Aux oiseaux un jour de frimas :

Us l'appelaient, et leur manège Devint le signal des amours.

Non, rien d'aussi beau que la neige !

Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

Sans toi je la verrais encore,

Lorsqu’elle s’arrache au repos,

Fraiche comme ou nous peint l'Aurore Du Jour entrouvrant les rideaux.

T.e soir encor je pourrais dire :

Mon étoile achève son cours; ,

Elle s'endort, sa lampe expire.

Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

C'est l'hiver que mon cœur implore :

Ah I je voudrais qu'on entendit Tinter sur la vitre sonore Le grésil léger qui bondit.

Que me fait tout ton vieil empire,

Tes fleurs, tes zéphirs, tes longs jours? Je ne la verrai plus sourire.

Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

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