‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 234 sur 323 · MM · texte numérisé non relu

MM

Air : Mau da fco s tt te «c:ords tep-rtni

L'Automne accourt, et sur son aile humide < -

• Si •mlxHil pM I? nom que les Turvs. donnent à Constaniinople.

« Quelque irmcv âpre* !a ruine «le Psarn, leu Grecs fi eiil une descente l’i'e, et une pa'liè de la garp^oti turque périt égorsee. -

/il*

M'apporte encor de nouvelles douleurs.

Toujours souffrant, toujours pauvre et timide, De ma gatté je vois pâlir les fleurs.

Arrachcz-moi des fanges de Lutèce;

Sous un beau ciel mes yeux devaient s’ouvrir. Tout jeune aussi, je rêvais à la Grèce;

C'est là, c'est là que je voudrais mourir.

En vain faut-il qu'on me traduise Homère, Oui, je fus Grec; Pythagore a raison.

Sous Périelès j'eus Athènes pour mère;

Je visitai Socrate en sa prison.

De Phidias j’encensai les merveilles;

De l'Ilissus j'ai vu les bords fleurir ;

J’ai sur l'Hymète éveillé les abeilles ;

C’est là, c'est là que je voudrais mourir.

Dieux ! qu'un seul jour, éblouissant ma vue, Ce beau soleil me réchauffe le cœur !

La Liberté, que de loin je salue,

Me crie : Accours, Thrasybule est vainqueur. Partons! partons! la barque est préparée.

Mer, en ton sein garde-moi de périr.

Laisse ma muse aborder au Pirée ;

C'est là, c’est là que je voudrais mourir.

11 est bien doux le ciel de l'Italie,

Mais l'esclavage en obscurcit l'azur.

Vogue plus loin, nocher, je t'en supplie ; Vogue où là-bas renaît un jour si pur.

Quels sont ces flots? quel est ce roc sauvage ; Quel sol brillant à mes yeux vient s’offrir?

La tyrannie expire sur la plage;

C'est là, c’est là que je voudrais mourir.

Daignez au port accueillir un barbare,

Vierges d’Athène; encouragez ma voix.

Pour vos climats je quitte un ciel avare Où le génie est l'esclave des rois.

Sauvez ma lyre, elle est persécutée;

Et, si mes chants pouvaient vous attendrir, Mêlez ma cendre aux cendres de Tyrtée :

Sous ce beau ciel je suis venu mourir.

Page 1