L’IN-OCTAVO ET L’IN-TRENTE-DEUX
(Celte chanson a été faite pour servir de préface à l’édition in-8 de 1838.)
lit dg Carnaval.
Quoi ! mes couplets, encor une sottise ! Osez-vous bien paraître in-octavo !
Juge, critique, et docteur de l'Église,
Vont après vous s’acharner de nouveau.
L'in-trente-deux trompait l’œil du myope, Mais vos défauts vont être tous sentis :
C'est le ciron vu dans un microscope.
Mieux vous allait de rester tout petits.
Petits, petits, oui, petits, tout petits.
« Quel trait d’orgueil 1 dira la Calomnie :
« Ferait-on plus pour des alexandrins?
« Le chansonnier vise à l'Académie,
« Kt veut au Pinde anoblir ses refrains. » Viser si haut, malgré cette imposture,
N'est point mon fait, je vous en avertis.
Pour conserver vos lettres de roture,
Mieux vous allait de rester tout petits,
Petits, petits, oui, petits, tout petits.
Je vois deux sots rendns à leur province :
« Messieurs, dit l'un, sifflons le troubadour;
« Il veut des croix, et, pour l’offrir au prince, « A son recueil a mis l'habit de cour.
« Le Roi, dit l'autre, a daigné lui sourire,
- Même a trouvé ses vers assez gentils. • Voyez du roi ce que vous ferez dire !
Mieux vous allait de rester tout petits,
Petits, petits, oui, petits, tout petits.
L'humble format sut plaire à cette classe Sur qui les arts sèmeut trop peu de fleurs I Il se fourrait jusque dans la besace De l'indigent dont il séchait les pleurs.
A la guinguette instruisant ces recrues,
D obscurs lauriers j’ai fait large abatis.
Pour rencontrer la Gloire au coin des rues, 31ieux vous allait de rester tout petits.
Petits, petits, oui, petits, tout petits.
Je dois trembler ; car moi, qui suis prophète,
Je vois de loin l'oubli fondre sur vous.
De tant d'éehos dont la voix vous répète,
L'un meurt, puis l'autre, et puis cent et puis tous.
, Déjà mon front sent glisser sa couronne ;
Comine les miens vos beaux jours sont partis. Pour disparaître au premier vent d'automne, Mieux vous allait de rester tout petits,
Petits, petits, oui, petits, tout petits.
«iimiiinriniiimnnnmsnmmmmnmmmmuuim»
COUPLETS
f CR CTI PARTEKDU PORTRAIT D8 MOI MIS BR TÉTK D*UNK EDITION DB MBS CHANSONS *.— 1818.
A.r : Je <331 as qattnèas éu$e.
Petit portrait de fantaisie Mis eu tète de mou recueil,
Penses-tu que par courtoisie Le monde entier te fasse accueil? !6is Tu peux te parer si tu l'oses,
D'un laurier modeste et discret;
Tu peux te couronner de roses : .
Non, non, tu u'es pas mon portrait.
Jamais je ne me suis fait peindre :
Mais qui donc représentes-tu?
Peut-être un cafard qui sait feindre Jusqu'au charme de la vertu :
Un petit saint pétri de ruse Qu’a Mont-Rouge on encenserait.
La bonue enseigne pour ma Muse!
Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Ou serais-tu l'auteur tragique Qui calcula, rima, lima Maint rôle bien académique Qu’eu vain a réchauffé Talma?
Quoi ! parer d'une noble image
* Ce portrait est le même que celui que j’ai rencontré quelquefois eh**« les marchands de caiicalurcs. Depuis l’époque où celte chanson fut faite, il a été grevé un. portrait de moi d’aorès U. Scheffer.
, bu.
&a £ a a a ut .sia.
Mes petits vers de cabaret !
Pour l'alexandrin quel outrage!
Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Dans ton masque à mine pincée Est-ce un vil censeur que je vois,
Hat de cave de la pensée Qu'il confisque au profit des rois?
J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait :
Tu ine tiendras lieu d'estampille.
Non, non, tu n’es pas mon portrait.
Mais ta laideur serait la mienne.
Que ta gloire y gagnerait peu.
Crains même qu un prêtre ne vienne Saintement te livrer au feu.
Dans l'avenir je devrais vivre,
Que de toi l’on se passerait :
Je suis bien mieux peiut dans ce livre.
Aon, non, tu n’es pas mon portrait.
«nn kiiitiiiiiiiiïiïïiuiiwiimiTinTjnniirr.imtmirmnB*