‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 247 sur 323 · COUPLETS A M. LAISSE), IMPRIMEUR A PÉRORER · texte numérisé non relu

COUPLETS A M. LAISSE), IMPRIMEUR A PÉRORER

Air de U Répcblique.

Mon cher Laisney, -trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptement écoulés.

Comme ils sont loin les feux de notre aurore!

Que de plaisirs avec eux envolés !

Mais de regrets faut-il qu'on se repaisse?

Non ; la gaité nourrit encor l'espoir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Cinquante hivers ont passé sur ta tète ;

J'ai de bien près cheminé sur tes pas.

Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête,

Tout ne fut point aquilons et frimas.

Aurions-nous mieux employé la jeunesse,

Vécu moins vite avec un riche avoir?

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Dans l'art des vers c’est toi qui fus mou maître . Je t’effaçai sans te reudre jaloux.

Si les seuls fruits que pour nous Dieu fit naitre Sont des chansons, ces fruits sont assez doux. Dans nos refrains que le passé renaisse;

L Illusion nous rendra son miroir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

• Ou dans son imprimerie que Je fus mis en apprentissage N'ayant pu paivrntr à m'enseigner l'orthographe, Il me fit prendre goût à la poésie,, me donna des leçons de versification, et corrigea mes pruniers essais.

Reposons-nous, car les Amours, sans doute, Pour qui jadis nous avons tant marché.

Nous criraient tous, s'ils nous trouvaient en route : Allez dormir, le soleil est couché.

Mais l'Amitié, l'ombre fût-elle épaisse,

Vient allumer nos lampes pour y voir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

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