‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 248 sur 323 · POUR LA FÈTK DR MARI · texte numérisé non relu

POUR LA FÈTK DR MARI

(C’esl an dindon qui est censé parler.)

Ait : Ailu-wu ed, jens is la dcm.

Ave Maria! ma voisine,

Que le ciel daigne vous toucher!

Mont-Rouge, où l’Esprit-Saint domine,

M envoie ici pour vous prêcher.

On exalte en vain votre grâce ,

Votre gaité, vos heureux goûts.

Glous! glous! glous! glous! (hit.) Reconnaissez la voix d Ignace :

Pleurez et convertissez- vous.

Vous applaudissez aux lumières D'un siècle aveugle et perverti;

Votre raison ne se plaît guères Qu'avec Voltaire et son parti.

Ah ! préférez à leur audace L'esprit d'un frère coupe-choux.

Glous ! glous ! glous ! glous !

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Les arts vous tieuuent sous le charme, Phébus pour vous prend son archet,

Mais leur gloire aussi nous alarme :

Demandez à l'ami Francbet*.

Aigles et cygnes, quoi qu’on fasse,

* Alors directeur de la police au ministère de l’intérieur.

Sont toujours de méchants ragoûts.

filous ! glous ! glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et convertissez- vous.

Cessez de vanter l'industrie Dont votre époux soutient l’honneur.

Vous croyez qu'il sert la patrie,

Que du travail naît le bonheur;

Mais au peuple on rend la besace Pour qu’il dépende encor de nous.

Glous! glous! glous! glous!

Reconnaissez la voix d'Ignace :

Pleurez et couvertissez-vous.

Vous êtes surtout bienfaisante,

Le pauvre au pauvre le redit;

Mais la bonté reste impuissante Lorsqu’on est chez nous sans crédit.

Voici les parts qu’il faut qu’on fasse A nous l'or, aux pauvres les sous.

Glous! glous! glous! glous!

Reconnaissez la voix d’Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Grâce à tous les gens de ma robe.

Qui sont martyrs en ces bas lieux, Souffrez qu’à l’enfer je dérobe Votre àme si digne des cieux.

Avant peu, si Dieu nous fait grâce.

On rôtira d’autres que nous.

Glous ! glous ! glous ! glous !

Reconnaissez la voix d’Ignace :

Pleurez et convertissez-vous.

Oui, Marie, en vain on se moque Du pauvre père de la foi ;

Vos beaux esprits, que je provoque, A table plairaient moins que moi.

Qu’à la vôtre ou me donne place, J’embellirai ce jour si doux.

Glous ! glous ! glous ! glous !

De truffes parfumez Ignace :

Riez et divertissez-vous.

COUPLETS

Page 1