LE FEU DU PRISONNIER
lr ic YntaïUi k Tauawt.
Combien le feu tient douce compagnie Au prisonnier, dans les longs soirs d'hiver!
Seul avec moi se chauffe un bon Génie,
Qui parle haut, rime ou chante un vieux air. (bit.) 11 me fait voir, sur la braise animée,
Des bois, des mers, un monde en peu d'instants (bit.) Tout mon ennui s'envole à la fumée. I O bon Génie, amusez-moi longtemps. | bt,‘
Jeune, il me üt rêver, pleurer, sourire;
Vieux, il me berce avec mes premiers jeux.
Du doigt, dans l'àtre, il signale un navire :
Je vois trois mâts sur des flots orageux.
J.e vaisseau vogue, et bientôt l'équipage Sous un beau ciel saluera le printemps.
Moi seul je reste enchaîné sur la plage.
O bon Génie, amusez-moi longtemps.
Ici, que vois- je? est-ce un aigle qui vole Et du soleil mesure la hauteur?
C est nn ballon : voici la banderole.
Et la nacelle et le navigateur, l.’audacienx, si la pitié l'inspire,
Doit de ces murs plaindre les habitants.
Libre là-haut, quel air pur il respire!
O bon Génie, amusez-moi longtemps.
D'un canton suisse, ah! voilà bien l'image : Glaciers, torrents, vallons, lacs et troupeaux. J'aurais dû fuir quand j'ai prévu l’orage;