‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 281 sur 323 · LE CORDON, S’IL VOUS PLAIT · texte numérisé non relu

LE CORDON, S’IL VOUS PLAIT

CHANSON FAITS A LA FORCE HOüR LA F6TK I>B MARIS.

Air de* Scyûw et da Amaica?*.

Allons aux champs fêter Marie; Hâtons-nous, le plaisir m'attend.

Le pied poudreux, la main fleurie.

Là-bas arrivons en chantant, [bis.)

Gai voyageur, j'ai mes pipeaux à prendre. Pipeaux qu’un sourd a traités de sifflet. Portier, ce soir gardez-vous de m’attendre | Je veux sortir ; le cordon, s'il vous plaît; j Le cordon, le cordon, s'il vous plaît, (bis.)

Vite, portier; car on m'accuse D’oublier l'heure du repas.

Jouy déjà gronde ma muse Dont il soutint les premiers pas D'amis nombreux quelle troupe riante.

Et de beautés quel brillant chapelet!

Dans sa prison l’aï s’impatiente.

Je ■veux sortir ; le cordon, s'il vous plaît ;

Le cordon, le cordon, s’il vous plaît.

Beaux jours d'une fête si chère,

A revenir toujours trop lents!

Pour nous, l'un de l’autre diffère Au plus par quelques cheveux blancs.

Paisse Marie, a ses goûts si lidèle,

Voir ses élus toujours au grand complet!

Volons chanter la liberté près d'elle.

Je veux sortir; le cordon, s’il vous plaît;

Le cordon, le cordon, s'il vous plaît.

Mon vieux portier dort dans sa loge :

Mes petits vers vont refroidir.

D'un digne époux j’y fais l'éloge ;

Forçons Marie à m’applaudir.

Puis, montrons -la courant plaindre des peines, Bendre au malheur l'espoir qui s'envolait,

Et consoler un ami dans les chaînes.

Je veux sortir ; le cordon, s’il vous plait ;

Le cordon, le cordon, s'il vous plait.

Mais mon portier, las de se taire,

Répond qu'on ne sort pas ainsi :

Que j'écrive au propriétaire ;

Que je dois trois termes ici **.

Fêter Marie, ô vous à qui l'on ouvre!

Sans moi, pour elle, enfantez, maint couplet;

Je rougirais d’envoyer dire au Louvre :

Je veux sortir; le cordon, s’il vous plait.

Le cordon, le cordon, s’il vous plait.

* M. de Jouy qui , dans les genres élevés, a mérité les plus brillants succès, e*t l’auteur de beaucoup de chansons charmantes, ce qui ne l’a pas empêché, dès mon début , de prêter aux miennes l’appui de sa réputation. Rien n’était plus propre à les Taire connaître dans toute la France que leur éloge souvent répété dons l’Ermite de la Chaussée-d'Anlio.

*• J'étais condamné à neuf mois de prison.

<Saaai^^

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