‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 293 sur 323 · LES CONTREBANDIERS · texte numérisé non relu

LES CONTREBANDIERS

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Malheur! malheur auxxommis!

A nous bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis;

• le Bon Sent d'un homme de rien rat un livre d’un «rend sens fait par

un homme de beaoroup d'esprit. Dans un «adre fort original I auteur philanthrope consciencleui et Instruit, a traité he.uroup de questions économiques qu'il a «u revêtir d'une forme à la fuis piquante et familière Les questions politiques y sont egalement abordées avec une franchi» loate bretonne. Le style de cet ouvrage, remarquai, le par une c.rrccllon »"" recherche et une naïveté sans affectation, décèle un très -rare latent d'écrivain, fait pour s'illustrer dune la Jeteuse des intérêts poptiliires A I appui de celte opinion, on peut lire le discours prononce parM livrnard a la Chambre, lors de la discussion sur la reforme du Code penal

Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Il est minuit. Ça qu'on me suive, Hommes, pacotille et mulets.

Marchons, attentifs au qui vive.

Armons fusils et pistolets.

Les douaniers sont en nombre ; Mais le plomb n'est pas cher;

Et l'on sait que dans l'ombre Nos balles verront clair.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse !

Le peuple à nous s’intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Camarades, la noble vie !

Que de hauts faits à publier!

Combien notre belle est ravie Quand l’or pleut dans son tablier.

Château, maison, cabane,

Nous sont ouverts partout.

Si la loi nous condamne.

Le peuple nous absout.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Bravant neige, froid, pluie, orage,

Au bruit des torrents nous dormons.

Ah ! qu'on aspire de courage,

Dans l'air pur du sommet des monts !

Cimes à nous connues,

Cent fois vous nous voyez La tête dans les nues El la mort sous nos pieds.

Malheur ! malheur aux commis !

A nous, bonheur et richesse !

Le peuple à nous s'intéresse :

11 est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ;

Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Aux échanges l'homme s'exerce;

Mais l'impôt barre les chemius.

Passons : c'est nous qui du commerce Tiendrons la balance en nos mains.

Partout la Provideuce Veut, eu nous protégeant,

Niveler l'abondance, <

Éparpiller l'argent.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s’intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis;

Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Nos gouvernants, pris de vertige,

Des biens du ciel triplant le taux,

Font mourir le fruit sur sa tige,

Du travail brisent les marteaux.

Pour qu'au loin il abreuve Le sol et l'habitant,

Le bon Dieu crée un fleuve :

Ils en fout un étang.

Malheur ! malheur aux commis !

A nous, bonheur et richesse !

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis;

Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Quoi ! l'on veut qu'uni de langage,

Aux mêmes lois longtemps soumis, Tout peuple qu'un traité partage Forme deux peuples d'ennemis.

Non; grrtce à notre peine,

Ils ne vont pas en vain Filer la même laine,

Sourire au même vin.

Malheur! malheur aux commis !

A nous, bonheur et richesse !

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

A la frontière où l'oiseau vole,

Rien ne lui dit : Suis d'autres lois.

L’été vient tarir la rigole Qui sert de limite à deux rois.

Prix du sang qu’ils répandent,

Là, leurs droits sont perçus.

Ces bornes qu'ils défendent,

Nous sautons par-dessus.

Matheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

On nous chante dans nos campagnes, Nous, dont le fusil redouté,

En frappant l’écho des montagnes Peut réveiller la liberté.

Quand tombe la patrie Sous des voisins altiers,

Mourante elle s'écrie :

A moi, contrebandiers !

Malheur ! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

U est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ;

Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

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