A MES AMIS DEVENUS MINISTRES
Non, mes amis, non, je ne veux rien être ;
Semez ailleurs places, titres et croix.
Non, pour les cours Dieu ne m'a pas fait naître Oiseau craintif, je fuis la glu des rois.
Que me faut-il? Maîtresse à fine taille,
Petit repas et joyeux entretien.
De mon berceau près de bénir la paille,
■ En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.
Un Bort brillant serait chose importune Pour moi, rimeur, qui vis de temps perdu. M'est-il tombé des miettes de fortune,
Tout bas je dis : Ce pain ne m'est pas dû.
Quel artisan, pauvre, hélas! quoi qu'il fasse,
N’a plus que moi droit à ce peu de bien?
Sans trop rougir fouillons dans ma besace.
En me créant Dieu m’a dit : Ne sois rien.
Au ciel, un jour, une extase profonde Vient me ravir, et je regarde en bas.
De là, mon œil confond dans notre monde Bois et sujets, généraux et soldats.
Un bruit m'arrive ; est-ce un bruit de victoire? On crie un nom ; je ne l’entends pas bien. Grands, dont là bas je vois ramper la gloire,
En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.
Sachez pourtant, pilotes du royaume,
Combien j'admire un homme de vertu,
Qui, regrettant son hôtel ou son chaume ",
Monte au vaisseau par tous les vents battu.
De loin ma voix lui crie : Heureux voyage! Priant de cœur pour tout grand citoyen.
Mais au soleil je m’endors sur la plage.
En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.
Votre tombeau sera pompeux sans doute ;
J’aurai sous l'herbe une fosse à l’écart.
Un peuple en deuil vous fait cortège en route ; Du pauvre, moi, j'attends le corbillard.
En vain on court où votre étoile tombe; Qu'importe alors votre gite ou le mien?
La différence est toujours une tombe.
En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.
De ce palais souffrez donc que je sorte.
A vos grandeurs je devais un salut.
Amis, adieu. J’ai derrière la porte Laissé tantôt mes sabots et mon luth.
Sous ces lambris près de vous accourue,
La Liberté s’offre à vous pour soutien.
Je vais chanter ses bienfaits dans la rue.
En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.
•A l'époque ou celle chanson fui faite, .MM. Laflïlleel Dupool (de l'Eure) faisaient encore partie du ministère.
«arannïaraï/JüîiumHn^
GOTTON.
Atr du tel».
Deux vieille» disaient tout bas Belzébuth prend ses ébats.
Voyez en robe, en manteau ,
Gotton, servante au château.
C'est par-ci, c'est par-là,
Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c’est par-là ,
C'est le diable eu falbala.
Son maître est jouet d’un sort;
Oui, de l'enfer elle sort.
Gageons que son brodequin Nous cache un pied de bouquin.
C'est par-ci, c’est par-là,
Trala, trala, tralala ;
C’est par-ci, c’est par là,
C'est le diable en falbala.
Au vieux baron dès qu’elle eut Fait abjurer son salut ,
Gotton, rouge de bonheur.
Se créa dame d'honneur.
C'est par- ci, c'est par-là,
Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c’est par-là.
C’est le diable en falbala.
Bien que le chemin soit long De la cuisine au salon,
J eu viens, dit-elle, à mes fins; Dormons tard dans des draps fins..
C’est par-ci, c’est par-là,
Trala, trala, tralala;
Cést par-ci, c’est par-là,
C’est le diable eu lalbala.
Depuis lors, certain valet, N'ouvrant qu'un coin du volet.
Au lit, d’un air échauffé.
Porte à Gotton son café.
C'est par-ci, c’est par-là,
Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c’est par-là,
C'est le diable en falbala.
Au château tous empâtés,
Que d’ânes elle a bâtés 1 Notre maire, qui l'a fait?
Gotton et le sous-préfet.
C’est par-ci, c'est par-là,
Trala, trala, tralala ;
C'est par-ci, c'est par-là.
C'est le diable en falbala.
A l’église, Dieu! quel ton !
Suisse, au banc mcuez Gotton,
Pour lorgner le sacripant Qu’elle-même a fait serpent.
C'est par-ci, c'est par-là,
Trala, trala, tralala;
C est par-ci, c'est par-là,
C'est le diable en falbala.
Mais quoi! l’infàme, aux jours gras.
Du beau curé prend le bras; L’appelle' petit coquin,
Et l'habille en arlequin.
C’est par-ci, c’est par-là,
Trala, trala, tralala;
C’est par-ci, c'est par-là,
C'est le diable en falbala.
Elle a tout : meubles, chevaux ,
Bals, festins, atours nouveaux ; Riche, on l'accueille en tout lieu.
Puis, courez donc prier Dieu !
C'est par-ci, c'est par-là,
Trala, trala, tralala;
C’est par-ci, c’est par-là,
C’est le diable en falbala.
L’enfer donne à ses suppôts Trésors, plaisirs et repos:
J’en conclus qu’il est écrit
Que Gotton est l'Antéchrist.
C'est par-ci, c’est par-là,
Trala, trala, tralala;
C'est par-ci, c’est par-là,
C'est le diable en falbala.
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