FÉVRIER
Ait : Ai ! £ ci ta as voyait.
Ah ! si j'étais jeune et vaillant,
Vrai hussard je courrais le monde.
Retroussant ma moustache blonde,
Sous un uniforme brillant,
Le sabre au poing et bataillant.
Va, mon coursier, vole en Pologne; Arrachons un peuple au trépas.
Que nos poltrons en aient vergogne.
Ha tons- nous ; l'honneur est là-bas. (bis.)
Si j'étais jeune, assurément J'aurais maîtresse jeune et belle.
Vite en croupe, mademoiselle ;
Imitez le beau dévouement Des femmes de ce peuple aimant.
Vendez vos parures; oui, toutes.
En charpie emportons vos draps.
De son sang sauvez quelques gouttes.
Hàtons-uous; l’honneur est là-bas.
Bien plus, si j'avais des millions,
J’irais dire au* braves Sarmates :
Achetons quelques diplomates,
Beaucoup de poudre, et rhabillons Vos héroïques bataillons.
L'Europe, qui marche à béquilles,
Riche goutteuse, ne croit pas A la vertu sous des guenilles.
Hàtons-nous ; l'honneur est là-bas.
Pour en*, si j'étais roi puissant,
Combien je ferais plus encore !
Mes vaisseaux, du Suud au Bosphore, Iraient réveiller le Croissant,
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Des Suédois réchauffer le sang ;
Criant : Pologne, on te seconde I Un long sceptre au bout d'un bon bras Peut atteindre aux bornes du monde.
Hàtons-nous; l’honneur est là-bas.
Si j’étais un jour, un seul jour,
Le dieu que la Pologne implore,
Sons ma justice, avant l'aurore,
Le czar pâlirait dans sa cour :
Aux Polonais tout mon amour!
Je saurais, trompant les oracles,
De miracles semer leurs pas.
Hélas ! il leur faut des miracles !
Hàtons-nous; l’honneur est là-bas.
Hâtons-nous! mais je ne puis rien.
O Roi des cieux, entends ma plainte :
Père de la liberté sainte.
De ce peuple unique soutien,
Fais de moi son ange gardien.
Dieu, donne à ma voix la trompette Qui doit réveiller du trépas,
Pour qu’au monde entier je répète :
Hâtez- vous; l'bouneur est là-bas.