‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 298 sur 323 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

Ait : Ai ! £ ci ta as voyait.

Ah ! si j'étais jeune et vaillant,

Vrai hussard je courrais le monde.

Retroussant ma moustache blonde,

Sous un uniforme brillant,

Le sabre au poing et bataillant.

Va, mon coursier, vole en Pologne; Arrachons un peuple au trépas.

Que nos poltrons en aient vergogne.

Ha tons- nous ; l'honneur est là-bas. (bis.)

Si j'étais jeune, assurément J'aurais maîtresse jeune et belle.

Vite en croupe, mademoiselle ;

Imitez le beau dévouement Des femmes de ce peuple aimant.

Vendez vos parures; oui, toutes.

En charpie emportons vos draps.

De son sang sauvez quelques gouttes.

Hàtons-uous; l’honneur est là-bas.

Bien plus, si j'avais des millions,

J’irais dire au* braves Sarmates :

Achetons quelques diplomates,

Beaucoup de poudre, et rhabillons Vos héroïques bataillons.

L'Europe, qui marche à béquilles,

Riche goutteuse, ne croit pas A la vertu sous des guenilles.

Hàtons-nous ; l'honneur est là-bas.

Pour en*, si j'étais roi puissant,

Combien je ferais plus encore !

Mes vaisseaux, du Suud au Bosphore, Iraient réveiller le Croissant,

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Des Suédois réchauffer le sang ;

Criant : Pologne, on te seconde I Un long sceptre au bout d'un bon bras Peut atteindre aux bornes du monde.

Hàtons-nous; l’honneur est là-bas.

Si j’étais un jour, un seul jour,

Le dieu que la Pologne implore,

Sons ma justice, avant l'aurore,

Le czar pâlirait dans sa cour :

Aux Polonais tout mon amour!

Je saurais, trompant les oracles,

De miracles semer leurs pas.

Hélas ! il leur faut des miracles !

Hàtons-nous; l’honneur est là-bas.

Hâtons-nous! mais je ne puis rien.

O Roi des cieux, entends ma plainte :

Père de la liberté sainte.

De ce peuple unique soutien,

Fais de moi son ange gardien.

Dieu, donne à ma voix la trompette Qui doit réveiller du trépas,

Pour qu’au monde entier je répète :

Hâtez- vous; l'bouneur est là-bas.

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