‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 41 sur 323 · CHANSON CHANTÉE SI R CI BERCF AL' D’UN INFANT NOCTIAC-N I · texte numérisé non relu

CHANSON CHANTÉE SI R CI BERCF AL' D’UN INFANT NOCTIAC-N I

Air du Vaadsïille des Ctcïilla de llîi'.ts Adam

Voyez , amis, cette barque légère Qui de la vie essaie encor les Ilots :

Elle contient gentille passagère;

Ah ! soyons-en les premiers matelots.

Déjà les eaux l’enlèvent au rivage.

Que doucement elle fuit pour toujours.

Nous qui voyons commencer le voyage,

Par nos chansons égayons-en le cours.

Déjà le Sort a soufflé dans les voiles ;

Déjà l'Espoir prépare les agrès.

Et nous promet, à l’éclat des étoiles,

Une mer calme et des vents doux et frais. Fuyez, fuyez, oiseaux d’un noir présage : Cette nacelle appartient aux Amours.

Nous qui voyons commencer le voyage ,

Par nos chansons égayons-cn le cours.

Au màt propice attachant leurs guirlandes , Oui, les Amours prennent part au travail. Aux chastes Sœurs on a fait des offrandes, Et l’Amitié sc place au gouvernail, llacchus lui-méme anime l’équipage ,

Qui des Plaisirs invoque le secours.

Nous qui voyons commencer le voyage ,

Par nos chansons égayons-en le cours.

Qui vient encor saluer la nacelle?

C'est le Malheur bénissant la Vertu,

Et demandant que du bien fait par elle Sur cet enfant le prix soit répaudu.

A tant de voeux , dont retentit la plage ,

Sûrs que jamais les dieux ne seront sourds. Nous qui voyons commencer le voyage , Par nos chansons égayons-en le cours.

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