‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 64 sur 323 · LES PARQUES · texte numérisé non relu

LES PARQUES

Air : Hie une ï nre. elle aine 1 taire

Sages et fous, gueux et monarques, Apprenez un fait tout nouveau :

Bacchus a vidé son caveau Pour remplir la coupe des Parques.

C'est afin de plaire aux Amours,

Qui chantaient d’une voix sonore :

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours!

Du monde éternelle ennemie, Atropos, au fatal ciseau,

Buvant à longs traits et sans eau,

Sur la table tombe endormie ;

Mais ses deux sœurs filent toujours, Souriant à qui les implore.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours,

Lachésis, remplissant sa tasse, S'écrie : Atropos dort enfin !

Mais trop sec, hélas ! et trop fin,

SB'ÔSÏ a^Siâ.

Je crains que mon (il ne se casse.

Pour le tremper ayons recours A ce nectar qui me restaure.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours !

Garnissant sa quenouille immense,

Clotho lui dit : Oui, travaillons;

De vin arrosons les sillons Où de mon lin croit la semence :

Cette rosée aura toujours Le pouvoir de la faire éclore.

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours !

Quand ces Parques, vidant bouteille,

Filent nos jours sans nul souci,

Jious qui buvons gaiment ici,

Craignons qu'Atropos ne s’éveille.

Quelle dorme au gré des Amours,

Et répétons à chaque aurore :

Que tout mortel ajoute encore Des jours heureux à ses beaux jours !

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