‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 67 sur 323 · BOUQUET · texte numérisé non relu

BOUQUET

A l!N F DA MR AGRR DR SOI* ANTE- DI X ANS, I.E JOI'K DR SAINTE lARSrillTI.

Air . la testa

Laissons la musique nouvelle ;

Notre amie est du bon vieux temps.

Sur un air aussi simple quelle Chantons des couplets bien chantants.

L'esprit du jour a son mérite,

Mais c'est surtout lui que je crains :

Ses traits si fins Me semblent vains ;

Pour les entendre il faudrait des devins.

Amis, chantons à Marguerite l)e vieux airs et de gais refrains.

Elle a chanté dans sa jeunesse

Ces couplets comme on n’en fait plus,

Où Favart peignait la tendresse,

Où Panard frondait les abus.

Contre l'humeur qui nous irrite,

Quels antidotes souverains !

Leurs vers badins.

Francs et malins,

Aux moins joyeux faisaient battre des mains.

Ah ! rappelons à Marguerite Leurs vieux airs et leurs gais refrains.

C’est un charme que la mémoire :

On se répète jeune ou vieux.

Les refrains forment notre histoire ;

11 faut tAcher qu'ils soient joyeux.

Amusons le temps qui trop vite Entraîne les pauvres humains ;

Et les destins Sur nos festins

Faisant briller des jours longs et sereins.

Que dans trente ans pour Marguerite Nos couplets soient de gais refrains !

A table alors venant nous rendre,

Tous le front ridé par les ans,

Dans une accolade bien tendre Nous mêlerons nos cheveux blancs.

Les souvenirs naîtront bien vite ;

Nos cœurs émus en seront pleins.

Moments divins !

Les noirs chagrins

Fuyant au bruit des trausports les plus saints, Sur les ceut ans de Marguerite Nous chanterons de gais refrains!

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