‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 81 sur 323 · A MON MÉDECIN, LE JOUE DE SA VÊTE · texte numérisé non relu

A MON MÉDECIN, LE JOUE DE SA VÊTE

À,t : Ainsi jsiis en fini profite.

Saluons de maintes rasades Ce docteur à qui je dois tant.

Mais, pour visiter ses malades.

Je crains qu’il n'échappe à 1 instant.

A ces soins son art le condamne,

S’il vient un message ennemi.

Fiévreux, buvez votre tisane ; Laissez -nous fêter notre ami.

Oui, que ses malades attendent;

11 est au sein de l’amitié.

Mais vingt jeunes fous le demandent D’un air qui pourtaut fait pitié.

De Vénus amants trop crédules,

Sur leur état qu'ils ont gémi !

F.h! messieurs, prenez des pilules; Laissez-nous fêter notre ami.

Quoi ! ne peut-on venir au monde Sans l'enlever à ses enfants?

Certaine personne un peu ronde Réclame ses secours savants.

J'entends ce tendron qui l’appelle :

Les parents même en ont frémi.

N’accouchez pas, mademoiselle ; Laissez-nous fêter notre ami.

Qu’il coule gaiment son automne,

Que son hiver soit encor loin !

Puisse- t-il des soins qu’il nous donne N’éprouver jamais le besoin !

Puisqu’enfin dans nos embrassades 11 n’est point heureux à demi,

Mourez sans lui, mourez, malades ; Laissez-nous fêter notre ami.

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