‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 82 sur 323 · A ANTOINE ARNAULT · texte numérisé non relu

A ANTOINE ARNAULT

niai)* DI l'institut , LS JOUR DR Si TETE. — ATTRI ISIS.

Air do lait du Pierrots.

Je viens d’Montmartre avec ma bête !

Pour fêter ce maître malin,

Et n’erains point qu’au milieu d'là fête Un bon mot m’renvoie au moulin.

On dit qu’avec plus d’un génie Antoin’ prend plaisir à cela.

Nous qui n’sommes pas d’ l'Académie, Souhaitons-lui d’ ces p'tits plaisirs-là.

Il n’ s’en tient pas à des saillies ;

Dans plus d’un genre il est heureux,

J’ sais mêm' qu’il fait des tragédies,

Quand il n’est pas trop paresseux *.

De la Merpomène idolâtre,

Qu’il fass’ mourir par-ci par-là.

Nous qui n’somm's pas d'z héros d’ théâtre, Souhaitons-lui d’ c'es p’tits plaisirs-là.

On m'assur’ qu'il vient d’faire un livre Où c qu’y a du bon : je 1’ crois bien.

• Je croit inutile rte rappeler Ici le* tucrèa dramatique* de l'auteur de Marin* , de* Vénitien jt, etc.

C' docteur-là nous enseigne à ■vivre Par la bouch’ d'un arbre ou d'un chien.

A messieurs les Polichinelles*,

Il dit : Vous en voulez, en v'ià.

Nous qui n’tenons pas les ficelles, Souhaitons-lui d’ ces p'tits plaisirs-là.

A la cour il s' moqu'rait, j’ gage,

Mèm' de messieurs les chambellans.

De c' pays n'ayant point l’ langage,

Il vant’ la paix aux conquérants.

A d’ grands seigneurs qui n’ sont pas minces Sans ramper toujours il parla.

Nous, qu'on n'a pas encor faits princes, Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

Mais, quoiqu malin, z’il est hou homme :

D’ mandez à sa fille, à ses fils.

Ah! qu’il soit toujours aimé comme 11 aime ses nombreux amis!

Que 1’ secret d’ son bonheur suprême Reste à c’te gross’ maman que v’ià.

Nous qui sommes d’ ceux qu'Antoine aime, Souhaitons-lui d’ ces vrais plaisirs-là.

J Iota. On troc vera pcct-étrc que cette chaînon . comme beaucoup d’au 1res des mienne* , était peu digne de voir le jour. En effet, j« ne la livre à l'impression que parce qu'elle m’offre l’occasion de payer un tribut d'éloges à l’uu de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu’elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m’ait pas permis d’y faire entrer l’expression de ma reconnaissance particulière pour l’homme excellent dont l'amitié me fut »i longtemps utile, et me sera toujours précieuse (1818).

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